‹ Études de pathogénie et de sémiotiqueChapitre 15 sur 123 · UNITÉ DE PERCEPTION · texte numérisé non relu

UNITÉ DE PERCEPTION

tème spinal postérieur qu’il faut chercher la raison du phénomène.

Les fibres radicales postérieures qui ne montent pas directement au cerveau, se terminent dans les cellules des cornes grises postérieures; or ces cellules, unies entre elles par leurs prolongements , constituent des groupes distincts et séparés, qui se trouvent ainsi en rapport, chacun pour son compte, avec les points de la surface cutanée dont il reçoit les rameaux sensitifs. Si maintenant on admet avec Schrôder van der Kolk que le nombre des prolongements encéphaliques, nés de ces groupes cellulaires, est toujours moins considérable que celui des fibres radicales postérieures qui arrivent, on aura les éléments nécessaires à la solution du problème. Chacune des fibres sensibles qui arrivent à un même groupe de cellules lui apporte une excitation; il est évident que ces impressions resteront isolées et distinctes jusqu’au cerveau, si le nombre des prolongements ascendants des cellules égale celui des fibres afférentes ; mais si ce groupe cellulaire ne donne qu’un prolongement encéphalique, les excitations distinctes apportées aux cellules seront nécessairement confondues et réunies dans leur trajet ultérieur, et malgré la multiplicité des excitations au point de départ, il n’y aura à l’arrivée qu’une seule impression, et partant, qu’une seule perception. Les fibres isolées et indépendantes du faisceau sensible qui émane d’un même cercle de sensibilité, sont fusionnées par les anastomoses des cellules en un conducteur unique ; toutes ces fibres, disséminées à la périphérie, ne sont représentées dans le cerveau que par un seul point terminal, et la texture anatomique de la moelle nous donne

9U PHYSIOLOGIE DE LA MOELLE

ainsi la raison matérielle de l’unité de perception succédant à des excitations multiples, comme elle nous a donné la raison matérielle de la transmission isolée et distincte de ces impressions, lorqu’elles ne portent pas sur le même cercle de sensibilité.

Le simple fait anatomique nous rendra compte également de l’influence exercée par la moelle sur l’association coordonnée des mouvements. Déjà j’ai signalé à différentes reprises l’importance extrême que présente, au point de vue de la fonction de motilité, le groupement des cellules antérieures ; le moment est venu d’étudier d’un peu plus près les résultats physiologiques de cette remarquable disposition.

Nous avons vu, en nous occupant de la sphère d’action des racines nerveuses, que les racines motrices des groupes de muscles associés en vue d’un acte fonctionnel, naissent toutes d’un territoire limité de la moelle ; cette condition, bien que favorable par elle-même à l’excitation simultanée de tous les muscles d’un même ordre, ne saurait suffire cependant pour nous rendre compte du mécanisme qui préside à la production des mouvements composés. Ces mouvements présentent en effet un double caractère; les divers muscles qui y prennent part, entrent tous en action au même instant, chacun d’eux concourant, par le mouvement partiel qui lui est dévolu, à l’exécution du mouvement d’ensemble, but final de l’acte; de plus, et c’est là le fait capital, la volonté est impuissante à dissocier les muscles, qui interviennent dans l’accomplissement de ces mouvements complexes; les exceptions que l’on pourrait citer ne sont réalisées qu’après un long et pénible apprentissage, qui suffirait seul à démontrer la

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