‹ Études de pathogénie et de sémiotiqueChapitre 22 sur 123 · CONDITIONS DE L’ACTE RÉFLEXE · texte numérisé non relu

CONDITIONS DE L’ACTE RÉFLEXE

tombe Terreur de Todd et Bowmann (1), qui avaient parfaitement constaté l’influence toute-puissante des cordons postérieurs sur l’harmonie et la régularité des mouvements, mais qui avaient vu là une action directe, résultant d’une transmission centrifuge.

L’autre expérience n’est pas moins instructive. La section transversale, plus complète encore que dans le cas précédent, ne respecte qu’un seul cordon postérieur ; or, du côté où le cordon manque, il est impossible de produire des mouvements réflexes dans le membre antérieur, en excitant le cordon postérieur du côté opposé , ce qui prouve que les fibres réflexes restent, durant tout leur trajet, dans la même moitié de la moelle sans subir de décussation.

Après avoir étudié les conditions que doit présenter la moelle pour que les mouvements réflexes se produisent, j’ai à m’occuper du caractère de l’excitation périphérique qui les détermine. Est-il nécessaire, comme on Ta dit, que cette excitation n’arrive pas au sensorium, et peut-on, avec quelques auteurs, définir le mouvement réflexe, un mouvement involontaire produit par une impression non sentie? C’est là une assertion qui a pu être acceptée lorsqu’on connaissait incomplètement ces phénomènes, mais qui aujourd’hui doit être rejetée comme une erreur. Dans la majorité des cas, c’est vrai, l’excitation qui provoque le mouvement réflexe n’est pas sentie , conséquemment elle n’est pas perçue ; mais souvent aussi l’impression arrive au sensorium, et le mouvement n’en a pas

(1) Todd, Bowmann, Cyclopœdia Anat. and Physiology , art. Nervous System. — The physiolojgical Anatomy and Physiology of Man. London,

PHYSIOLOGIE DE LA MOELLE

moins lieu ; les exemples abondent pour les phénomènes réflexes qui sont sous la dépendance de la moelle allongée : l’excitation de la pituitaire, qui précède l’éternument, est parfaitement sentie; il en est de même de l’impression à laquelle succède la toux ; la titillation artificielle de la luette est très-clairement perçue, et elle n’en amène pas moins le vomissement ; il est même remarquable que ces mouvements réflexes produits normalement par une impression sentie, sont les plus compliqués de tous.

Dans la sphère de la moelle épinière proprement dite, les exemples sont plus rares, mais ils ne font pas absolument défaut. Déjà nous avons vu que dans certaines conditions l’impression du chatouillement détermine des mouvements réflexes, quoiqu’elle soit perçue ; et bien que l’impression produite sur le tégument externe par l’immersion du corps dans l’eau froide soit nettement sentie, elle n’en cause pas moins des mouvements réflexes généraux, qui atteignent à la fois les muscles intra-dermiques et les muscles volontaires; il serait donc absolument inexact de regarder l’absence de sensation comme une condition nécessaire à la production des mouvements spinaux.

Forme des mouvements réflexes . — Etudiés en euxmêmes, ces mouvements présentent des caractères d’une extrême importance, l’observation et la connaissance de ces caractères ont conduit Arnold et Volkmann (4) à la notion du mécanisme moteur préétabli dans la moelle, avant même que l’anatomie eut sanctionné cette opinion.

(1) Arnolil, Mr. î.chrp.vov dcn l'cflexfinic'ior.m . Ileidcllif rg\ 1842.

Volkmann . !uc cil.

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