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EXCITABILITÉ DES NERFS

Action de la moelle sur l'excitabilité des nerfs moteurs.

L’excitabilité est cette propriété que possèdent les nerfs de passer de l’état de repos à l’état d’activité (état d’excitation) sous l’influence de divers agents, qui sont dits les agents excitants. L’excitabilité mise en jeu se traduit ordinairement par des secousses musculaires dans la sphère de distribution du nerf; mais lorsque, pour une cause quelconque, les contractions musculaires ne peuvent plus avoir lieu, lorsque cette indication médiate de l’activité du nerf fait défaut, il reste un moyen direct, beaucoup moins facile, à la vérité, de contrôler l’état du nerf; il faut alors s’adresser au multiplicateur et comparer la puissance électro-motrice du cordon nerveux en repos et en état d’excitation; on sait, en effet, par les travaux de du Bois- Reymond (1), que cette puissance électro-motrice et l’excitabilité des nerfs varient toujours dans le même sens, elles s’accroissent et elles diminuent toutes deux en même temps.

Entre autres conditions qui sont nécessaires au maintien de l’excitabilité normale dans les nerfs moteurs, il faut compter en première ligne la conservation des rapports naturels, qui unissent ces nerfs à l’axe spinal; l’excitabilité disparaît rapidement dans les cordons moteurs, lorsqu’ils sont détachés de la moelle, c’est-à-dire lorsqu’ils sont soustraits à l’influence constante que cet organe central exerce sur eux. Ce fait, découvert par Müller, a été étudié depuis lors par un grand nombre de physiolo-

(I) Du Bois - Reymond, Untersucliungen über thierische Elektricitat. Berlin, 1848.

PHYSIOLOGIE DE LA MOELLE

gistes, entre autres par Günther et Schôn qui, les premiers, se sont efforcés de déterminer chez les mammifères la durée de l’excitabilité après la séparation du nerf et de son organe central. Douze heures après la section il n’y avait encore aucun changement appréciable; après vingt-quatre heures, la réaction du nerf était déjà beaucoup plus faible, surtout lorsqu’on faisait usage d’excitants mécaniques; deux jours après l’opération, rabaissement de l’excitabilité était plus notable encore; enfin, après le quatrième jour, il était impossible d’obtenir une secousse musculaire, l’excitabilité nerveuse était complètement anéantie. Les recherches de Longet (1) ont confirmé ces données, elles ont appris, en outre, que le résultat final est le même, soit que le nerf ait été soumis pendant ces quatre jours à des excitations galvaniques répétées, soit qu’il ait été abandonné à lui-même.

Mais, en même temps que les nerfs perdent ainsi leur propriété fondamentale, ils subissent dans leur constitution matérielle des changements parallèles qui ne sont pas moins remarquables que l’altération de la fonction: Déjà Valentin, Nasse (2), Günther et Schôn avaient signalé quelques-unes des particularités de cette altération organique toute spéciale, mais c’est à Waller d’abord, puis à Waller et Budge (B) que revient le mérite d’en avoir fait connaître le caractère et le mode de propaga-

(1) Millier, loc.'cit.

Günther und Schôn, Errcgbarkeit der Nerven (Müller’s Archiv, 1840).

Longet, loc. cil.

(2) Valentin, De Functione nervorum. Berne, 1839. — Hir-n und Nervenlehre. Leipzig, 18Æ1. — Lehrbuch der Physiologie.

Nasse, cité par Schiff dans son Traité de physiologie.

(3) Waller, Nouvelle méthode pour l'investigation du système ner -

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