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DÉGÉNÉRESCENCE PARALYTIQUE

ces débris comme des fibres nerveuses de nouvelle formation, faute qui a été commise depuis par d’autres observateurs. Schiff a fait connaître du même coup et l’erreur elle-même et la causé de cette erreur, et à la suite de cette démonstration, Waller est revenu avec une rare franchise sur sa première interprétation, dont il a reconnu le peu de fondement.

Cette altération graisseuse, qui succède à la séparation du cordon nerveux et de son organe central, est complètement différente, au point de vue histologique et au point de vue du processus qui lui donne naissance, de la dégénérescence qui est produite dans les éléments nerveux par l’interruption du cours du sang ; cette dernière offre, comme on le sait, beaucoup d’analogie avec les lésions de la gangrène (Schiff, Virchow, Demme) (1). Il serait utile de rappeler à la fois ces différences et leurs causes, en donnant à la dégénérescence graisseuse le nom de dégénérescence paralytique, et en réservant à l’autre celui de dégénérescence ischémique. L’opposition est si grande entre ces deux processus, que la dégénérescence paralytique ne peut se produire, si l’on soustrait le nerf sectionné à l’action du sang ; une expérience très-nette de Schiff ne laisse pas de doute sur ce point. Aussi ce physiologiste ne veut-il pas qu’on donne à cette altération le nom de dégénérescence atrophique, et propose-t-il pour elle la dénomination beaucoup plus juste de dégénérescence allotrophique.

(1) Virchow, Allgemeine Stürungcn der Ernührung in Virchow’s Handbuch der speciellen Pathologie und Thérapie. Erlangen, 1854.

Demme, Die Gewebsveranderungen durch Br and. Frankfurt, 1857.

Schiff, loc. cit .

PHYSIOLOGIE DE LA MOELLE

Les altérations que nous venons d’étudier présentent l’une et l’autre, dans leur mode de développement, une particularité très-importante ; je rappelle qu’il n’est question en ce moment que des nerfs moteurs. La perte de l’excitabilité, comme la transformation graisseuse, marche du centre à la périphérie, de sorte que les petits ramuscules d’un tronc nerveux sectionné sont encore excitables, tandis que le tronc lui-même a cessé depuis plus ou moins longtemps de répondre aux excitations. On n’est point fixé encore sur le temps pendant lequel l’excitabilité peut persister dans les divisions ultimes d’un nerf moteur, mais il est extrêmement vraisemblable que cette persistance est de longue durée, peut-être même ne cesse-t-elle qu’avec la vie, car ces divisions terminales ne participent jamais à la dégénérescence caractéristique (Schiff). Ce fait ne surprendra pas si l’on songe que ces ramifications dernières pénètrent dans l’intérieur même de la fibre musculaire, où elles contractent des rapports intimes avec les appareils spéciaux découverts par Krause (1), appareils qui caractérisent la terminaison de tous les nerfs moteurs dans les muscles de la vie animale.

Tous ces faits sembleront peut-être d’un médiocre intérêt pour le médecin, qui n’a point occasion, dira-t-on, de voir des cas analogues. La remarque porte à faux : le médecin n’observe pas des malades dont les nerfs mo-

(1) Krause, Uéber die Endigungen der Musltelnerven ( Zeitschr . fur ration. Medicin ., XV). — Gôttinger Nachrichlen , 1863. — Zeitschr. fur ration. Aledicin XVIII).

Voyez sur le même sujet :

Kühne, Ueber die Endigungswcise der Nervcn in den Muskeln (Du Bois-Reymond und Reichert’s Archiv , 1859. — Cornpt. rend, de l’Acad. des sç. , 1861).

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