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EXCITABILITÉ NÉVRO-MUSCULAIRE

ce dernier observateur, qui s’est attaché à déterminer l’intluence de la moelle sur cette propriété, est arrivé à la suite d’expériences précises aux conclusions suivantes : la moelle exerce une influence directe sur l’excitabilité musculaire; celte action est propre à la moelle, car un segment de l’organe, qu’une section a soustrait à l’action de l’encéphale, conserve son influence sur les muscles auxquels il envoie des nerfs ; mais si ce segment est luimême altéré, l’excitabilité disparaît dans les muscles correspondants. Cherchant ensuite pendant combien de temps les muscles conservent leur contractilité après une lésion de la moelle chez l’homme, Landry a déduit, d’observations minutieusement analysées, ces deux propositions : « Chez l’homme, l’affaiblissement de la contractilité, quand il se produit, commence à devenir appréciable cinq ou six jours révolus après la lésion de la moelle qui le détermine; mais l’irritabilité musculaire n?est réellement abolie qu’à partir de la sixième semaine accomplie. »

Marshall-Hall, qui avait d’abord fixé à quelques semaines, sans préciser davantage, la persistance de l’excitabilité musculaire, s’est arrêté plus tard au terme de six septénaires (1). Il est bon d’ajouter que chez l’homme malade, Landry essayait l’excitabilité des muscles au moyen de l’électricité (électro-puncture), de sorte que les résultats obtenus s’appliquent directement à cette excitabilité électrique, dont Duchenne a prétendu faire une forme nou-

(1) Marshall-Hall, On some Principles of Pathology of the Nervous Système. London, 1839. — Communication orale au professeur Longet. — On the irritability of lhe muscular fibre in paralytic limbs ( Medic . chir* Transact 1848),

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vëllë et spéciale [contractilité électro-musculaire) , prëriànt ainsi pour une propriété physiologique ce qui n’est qu’un mode particulier d’excitation.

Transportons ces faits dans le domaine clinique et nous arriverons à cette formule : dans les lésions de la moelle l’excitabilité persiste indéfiniment dans les muscles paralysés du mouvement volontaire, si le segment d’où proviennent les nerfs de ces muscles, reste sain, peu importe d’ailleurs, qu’il soit ou non en relation avee l’encéphale. Mais si le segment spinal qui donne naissance aux nerfs des muscles paralysés est altéré, et a fortiori si les nerfs eüx-mêmes ont perdu leur structure et leurs propriétés normales, l’excitabilité musculaire va s’affaiblissant pour disparaître au bout de six semaines. Nous sommes ramenés ainsi à la loi primitive de Marshall Hall que Landry a retrouvée de son côté.

Dans l’exposé qui précède, je ne me suis occupé que dû fait en lui-même, et j*en ai fait ressortir les conséquences au point de vue clinique. C’est là, en somme, tout ce qui est nécessaire pour les applications pratiques; mais je he dois cependant pas laisser ignorer qu’à celte question de l’excitabilité musculaire se rattache l’un des problèmes les plus difficiles, les plus controversés de la physiologie, et je Veux au moins indiquer sur quel point porte ce débat, auquel ont pris part dans ces dernières années les physiologistes les plus éminents.

L’excitabilité des nerfs moteurs privés de leurs connexions avec la moelle, ne persiste que pendant quatre jours, celle des muscles dure plusieurs semaines. En présence de ces deux faits bien constatés, il a semblé tout naturel de conclure que les muscles n’ont pas besoin de

QUESTION DE L’IRRITABILITÉ HALLÉRIENNE. 183 l’intervention des nerfs pour entrer en contraction sous l’influence d’un stimulus qui les excite directement, et qu’ils sont doués d’une propriété de contractilité, inhérente au tissu musculairelui-même, et totalement indépendante du système nerveux. Cette propriété devait nécessairement être distinguée de l’excitabilité mise en jeu par les nerfs, on l’appela irritabilité; cette propriété avait été découverte par Haller, de là le nom d’irritabilité hallérienne qui lui est souvent appliqué. Ainsi l’irritabilité musculaire ou hallérienne est une propriété de tissu, une contractilité propre, indépendante, je le répète, du système nerveux, bien distincte, par conséquent de l’excitabilité névro-musculaire qui est toujours mise en jeu par une excitation des nerfs moteurs. J’insiste à dessein sur la valeur de ces expressions trop souvent confondues.

L’excitabilité hallérienne existe-t-elle réellement, ou bien les faits qui lui ont été rapportés ne sont-ils e ue l’expression de la contractilité névro-musculaire? voilà la question qui s’agite aujourd’hui, plus vivement encore qu’au temps de Haller. Mon intention n’est pas d’entrer dans les détails de ce débat, un volume suffirait à peine pour rendre un compte exact des travaux qu’il a produits depuis huit ou dix ans; je veux seulement rappeler les phases principales par lesquelles il a passé.

Après Haller, la théorie de l’irritabilité était triomphante, et lorsqu’il fut bien constaté que l’excitabilité du muscle survit à l’excitabilité du nerf moteur, elle parut solidemen. $i définitivement établie. Plus tard, la connaissance plus exacte de la distribution des nerfs moteurs dans l’épaisseur des muscles, la découverte des rapports

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si intimes, qu’ils présentent à leur terminaison avec la fibre contractile, donnèrent naissance à une idée qui devait finir par ruiner la théorie ; l’excitabilité pouvait bien disparaître dans les troncs et dans les rameaux extramusculaires des nerfs moteurs, mais personne n’avait prouvé quelle disparaissait aussi dans les ramuscules interstitiels et dans les divisions terminales. En l’absence de cette démonstration, l’irritabilité n’était plus acceptable; en agissant directement sur un muscle au moyen d’un excitant mécanique ou chimique, on produit des contractions, c’est vrai, alors même qu’une excitation semblable portée sur les nerfs extra-musculaires, n’en détermine plus aucune ; mais il est évident que si les rameaux intramusculaires n’ont pas également perdu leur excitabilité, l’expérience ne prouve rien, puisque, en raison des rapports réciproques de la fibre nerveuse ultime et de la fibre musculaire , il est impossible d’agir sur cette dernière isolément. La théorie succomba, Müller, Valentin et Henle lui avaient porté les derniers coups (1).

Quelques années se passent, et Cl. Bernard fait ses premières expériences sur le curare ; Kôlliker (2)

(1) Müller, Valentin, Henle, loc. cil .

Voyez surtout, au point de vue de l’historique de cette question, jusqu’en 1856.

Von Wittich , Expérimenta quœdam ad Halleri doctrinam de muscu~ lorum irritabililate probandam. Kônigsberg, 1857.

(2) Cl. Bernard. Ses premières expériences remontent à 1844. Voyez Comptes rendus de VAcad. des îc., 1850. — Leçons sur les effets des substances toxiques et médicamenteuses. Paris, 1857.

Kôlliker, Physiologische Untersuchungen Über die Wirkung einiger Gifte ( Verhandlungen dcr Würzb. physik . Gesellsch ., 1856. — Archiv fur palh. Anatomie , X). — Zehn neue Versuche mit Urari ( Zeitschr . fur Wissench. ZooL, IX)*

Pelikan, Physiologische und toxikologische Untersuchungen über Cm*

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