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SCLÉROSE DE LA MOELLE

encore par les couches profondes de la membrane, et par les prolongements qui occupent les sillons spinaux. Cette marche de l’altération, que l’on constate assez facilement en tenant compte des différences que présentent dans leur développement, et partant dans leur âge, les éléments conjonctifs, était on ne peut plus nette sur les dessins et sur les pièces anatomiques que le professeur Frerichs avec son extrême obligeance a bien voulu me montrer à Berlin ; elle apparaissait également sans contestation possible sur les préparations que j’ai examinées avec son assistant le docteur Mannkopff.

Du reste, les descriptions anatomiques de Rokitansky et de Türck, indiquaient déjà la prolifération simultanée de la pie-mère et du réseau interstitiel de la moelle, et ce double caractère est également signalé dans les travaux postérieurs de Demme et de Yalentiner, et dans le mémoire de Frerichs (1) sur la sclérose cérébrale. Il serait peut être prématuré d’affirmer que cette double altération est constante, mais il est permis d’avancer qu’elle est observée dans le plus grand nombre des cas; alors aussi, la pie-mère présente des traces non douteuses d’hypérémie et d’inflammation -antérieures, et il est bien difficile de voir dans ces faits autre chose qu’une méningo -myélite chronique, à forme scléreuse. Cette lésion présente une autre particularité importante qui, signalée par Rokitansky et Türck, a été constatée depuis par tous les observateurs; elle n’a aucune tendance à

(1) Frerichs, Ueber Hirnsklerose ( Hœser's Archiv, X).

Valentiner, Ueber die Sklerose des Geliirns und Rückenmarks ( Deutsche Klinik , 1856).

Demme, Beitrdge zur pathologischen Anatomie des Tetanus. Leipzig und Heidelberg, 1859

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s’étendre en profondeur, c’est-à-dire dans le sens antéropostérieur, mais elle se propage très-facilement dans le sens longitudinal ; de sorte que débutant par l’une des extrémités de la moelle, elle tend vers l’extrémité opposée en restant limitée dans la couche ou elle a pris naissance, c’est-à-dire dans le système spinal antérieur ou dans le système postérieur.

Rokitansky a résumé en quelques lignes les caratères les plus remarquables de cette lésion à son début : a elle apparaît comme un dépôt d’une substance demiliquide, visqueuse et grisâtre, qui écarte les uns des autres les éléments nerveux blancs, et qui en modifie la blancheur uniforme , de manière à lui donner l’aspect d’une striation blanche sur un fond gris mat. La moelle est turgescente, elle semble à l’étroit dans la pie-mère qui l’enveloppe; sur une coupe transversale elle fait saillie, et se déjette, en s’étalant, sur la circonférence de la coupe de la méninge. Dans cette masse surabondante apparaît une substance humide, grisâtre et transparente, parcourue par des lignes blanches ; ces stries proviennent des éléments nerveux dissociés et brisés. La substance grise paraît normale, ou bien elle présente une coloration rouge pâle tirant sur le fauve, et elle est ratatinée audessous du niveau de la masse exubérante » (1). Plus tard, ce tissu nouveau se condense, s’épaissit et s’indure, il produit par sa rétraction inégale des déformations partielles, et toute la masse prend un aspect gris fauve, qui lui donne souvent la plus grande ressemblance avec du verre dépoli.

Bien que dans son travail Rokitansky se soit principa-

(1) Rokitansky, Lehrbuch dcr palhologischen Anatomie. Wien, 1856.

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