‹ Études de pathogénie et de sémiotiqueChapitre 66 sur 123 · TUMEURS DE LA. MOELLE · texte numérisé non relu

TUMEURS DE LA. MOELLE

sur la réalité de l’hémorrhagie spontatanée de la moelle. Mais je dois, à ce propos, mettre en garde contre une cause d’erreur; le plus ordinairement, le traumatisme qui est assez violent pour produire un épanchement de sang dans la moelle, détermine en même temps dans les parties molles, et surtout dans les vertèbres, des désordres graves qui enlèvent toute obscurité sur la véritable origine des accidents paralytiques consécutifs ; il ne faudrait pas, cependant, compter d’une façon absolue sur l’existence de ces lésions extérieures.

Bennett rapporte qu’une femme mourut en quatre jours, après avoir été frappée à la nuque par son mari ; immédiatement après, cette femme avait été prise d’une paraplégie complète des quatre membres et du tronc (c’était bien cette fois la paraplégie de Boerhaave). En examinant le cadavre, le professeur d’Édimbourg a trouvé un caillot de sang du volume d’un pois dans le centre de la moelle épinière, au niveau de la seconde vertèbre cervicale, immédiatement au-dessous de la moelle allongée. Les couches corticales de l’organe étaient saines, les vertèbres étaient intactes (i).

Tumeurs de la moelle. — Quelques mots maintenant sur les tumeurs de la moelle, et j’en aurai fini avec les lésions isolées de l’axe spinal.

Dans le plus grand nombre des cas ces tumeurs sont des productions tuberculeuses ou cancéreuses. Les observations d’ Abercrombie et de Harder (2) sur la paraplégie par

(1) Bennett , Clinical Lectures on lhe Principies and Practice of Medicine. Edinburgh, 1859.

(2) Abercrombie, loc. cit.

Harder, cité par Abercrombie.

Pathogénie des paraplégies.

tumeur de la moelle, se rapportent peut-être bien à déà produits tuberculeux, comme les auteurs l’ont avancé, mais les détails anatomiques sont si incomplets à ce point de vue, qu’il est plus prudent de ne pas tenir compte de ces faits. C’est Gendrin qui a publié les premières observations positives sur ce sujet , après avoir signalé quelque temps auparavant les tubercules de la moelle allongée et de l’encéphale (1) ; depuis lors, les observations de Eager, d’Ollivier, de Colliny, de Serres et de Larcher (2) sont venues augmenter le nombre des faits ; mais en somme cette lésion est très-rare, et au point de vue clinique elle ne présente pas, à beaucoup près, l’importance de celles que j’ai étudiées jusqu’ici. Le siège de prédilection des tubercules delà moelle est la substance grise du renflement lombaire; cependant j’ai montré, en 1858, à la Société anatomique une moelle , dans laquelle le dépôt tuberculeux était exactement limité à la substance blanche du cordon antéro-latéral gauche. Cette moelle était celle d’un paraplégique qui avait succombé au mal de Pott (3). Les tubercules étaient à l’état de crudité ; c’est là, du reste, pour la moelle une règle presque absolue.

D’après Rokitanskv (4) , il n’y a jamais de tubercules

(1) Gendrin, Sur les tubercules du cerveau et de la moelle. Paris, 1829.

(2) Ollivier, loc. cit.

Eager, Bullet. de la Scc. anatom ., 1834, et Arch. gén. deméd ., 1834.

Serres, Gaz. mèd. de Paris, 1830. — Arch. gén. de méd., 1830.

Colliny, Quelques observations de maladies de la moelle et de ses membranes (Arch. gén. de méd., 1836).

Larcher, Considérations sur le développement des tubercules dans les centres nerveux (Thèse de Paris, 1832).

(3) Jaccoud, Tubercules de la moelle ( Bullet . de la Soc. anat., 1858).

(4) Rokitansky, loc. cit.

Page 1