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LÉSIONS DÈ L’ENCÉPHALE

dance fonctionnelle des divers segments de la moelle ; l’explication n’est pas admissible; les segments de l’axe rachidien ne sont indépendants qu’au point de vue de leurs actions propres, ils ne le sont point du tout en ce qui concerne la transmission encéphalique. En admettant que la moelle ait été réellement détruite dans toute son épaisseur pendant la vie des malades, et que l’autopsie n’ait pas achevé une destruction qui n’était que partielle, il n’y a que deux explications possibles pour ces cas singuliers; ou bien les racines motrices des membres inférieurs naissaient au-dessus du point détruit, ou bien les cordons limitrophes du sympathique ont été les voies de transmission. Mais en songeant à la violence nécessaire pour ouvrir le canal vertébral, je suis beaucoup plus disposé, je l’avoue, à accepter la première interprétation ; et, d'ailleurs, l’absence de paraplégie est-elle même bien établie? A l’époque où ces faits ont été observés, n’a-t-on pas pris peut-être des mouvements réflexes pour des mouvements volontaires?

La chose est en tout cas fort possible, et de nouvelles observations sont nécessaires, avant qu’on puisse admettre comme démontrée la conservation du mouvement volontaire dans les membres inférieurs, avec une solution totale de continuité dans la moelle épinière.

Paraplégies organiques par lésion de l'encéphale.

Quelques mots, enfin, sur les paraplégies d’origine encéphalique, et sur celles qui sont dues à la compres sion des nerfs périphériques, et j’aurai terminé l’étude pathogénique de cette première classe.

286 PATHOGÊNIE DES PARAPLEGIES.

Lorsque des lésions atteignent les deux hémisphères cérébraux, ou deux parties similaires du cerveau (les pédoncules, les couches optiques, les corps striés, par exemple), il est clair que la paralysie, une fois complètement développée, pourra présenter la forme paraplégique ; l’interprétation de ces faits n’offre aucune difficulté : les voies de transmission, qui conduisent aux racines antérieures les impulsions motrices, ont été interrompues des deux côtés, et la paraplégie est produite en réalité par la réunion de deux hémiplégies simultanées ou successives.

Le mode de production du phénomène est identique lorsque la lésion siège aux environs du pont de Varole et de la moelle allongée, mais le plus souvent alors la paraplégie fait rapidement place à une paralysie généralisée, comme on le voit dans la 38e et la 39e observation d’Abercrombie (I). Cependant, le malade observé par Ulric de Berlin était paraplégique déjà depuis un an, lorsqu’il a présenté des phénomènes de paralysie généralisée ; à l’autopsie, on a constaté un ramollissement de la moitié gauche de la protubérance, des corps pyramidaux et des corps olivaires; les processus restiformes étaient légèrement teintés de rouge (2).

Dans d’autres cas, enfin, la paraplégie d’origine encéphalique a son point de départ dans le cervelet. Morgagni (3) rapporte l’histoire d’un homme de quarante-deux ans, qui, affecté depuis un an de violents maux de tête,

(1) Abercrombie , Maladies de l’encéphale. Traduction de Gendrin. Bruxelles, 1837.

(2) Cité par Forbes Winslow. On obscure Diseuses of the Brain. London, 1860.

(3) Morgagni, De sedibus et causis morb. Epist. LXU.

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