LÉSIONS DE L’ENCÉPHALE
fut pris de paraplégie, et mourut subitement au bout de cinq mois. Le lobe gauche du cervelet était presque entièrement squirrheux. Dans le cas de Larrey (I ), la paralysie présenta pendant un certain temps la forme paraplégique avant de se généraliser; les deux lobes du cervelet étaient en suppuration.
Tels sont les trois groupes de faits qui se rapportent à la paraplégie d’origine encéphalique. Ces faits sont rares, ils le seraient plus encore, peut-être, si l’on avait toujours la précaution, en pareil cas, d’ouvrir le canal rachidien, car on trouverait, parfois, pour expliquer le développement de la paraplégie, une lésion simultanée de la moelle (2).
Ainsi, Lallemand (3) parle d’une fille de quatorze ans qui eut d’abord une hémiplégie droite dont elle se rétablit. Quatre mois plus tard elle est prise d’une paraplégie à marche ascendante dont elle meurt en seize jours. On trouve à l’ouverture du corps une induration considérable d’une petite portion du lobe gauche du cerveau, à la partie externe du ventricule. Si l’autopsie avait été bornée là, il est clair qu’on eût vu dans ce fait un nouvel exemple de paraplégie d’origine cérébrale; mais on ouvre le canal vertébral, et l’on y trouve avec un épanchement de sang un ramollissement de la moelle au niveau de la septième
(1) Cité par Andral, Clinique médicale , V. Paris, 183&.
(2) Romberg rapporte l’histoire d’un maître d’école de soixante ans qui était paraplégique depuis un an et demi, lorsqu’il présenta des phénomènes cérébraux. A l’autopsie, on a constaté une atrophie du corps strié gauche. Mais l’auteur a soin de faire remarquer que le canal vertébral n’a pas été ouvert.
Romberg, Lehrbuch der Nervenkrankheiten. Berlin, 1857.
(3) Lallemand, Lettres sur l'encéphale. Paris, 1830.
PATHOGÉNIE DES PARAPLÉGIES, vertèbre cervicale. L’enseignement qui ressort de cette observation dispense de tout commentaire.
Paraplégies organiques par compression des cordons nerveux.
La compression des cordons nerveux après leur émergence de la moelle peut avoir lieu dans trois points différents : dans le canal vertébral même, et en dehors du canal, dans la région lombaire, ou dans la cavité pelvienne; dans le premier cas les nerfs de la queue de cheval, dans le second, les plexus lombaires, dans le troisième, les plexus sacrés sont le siège de la compression. Si celle-ci atteint les nerfs des deux côtés, il est clair que la transmission de l’impulsion motrice sera interrompue, et qu’une paraplégie sera produite; mais en raison même de la disposition échelonnée des nerfs qui se rendent au membre inférieur, cette paraplégie ne sera pas complète, quelques groupes de muscles seulement seront atteints; ce seront dans un cas les muscles animés par les nerfs cruraux ; dans un autre, les muscles innervés par les nerfs sciatiques, mais il n’est guère possible d’admettre qu’une compression, n’intéressant pas directement la moelle, puisse agir à la fois sur tous les nerfs moteurs des membres inférieurs; je ne connais du moins aucune observation qui démontre la réalité du fait. Le résultat final pour la fonction du membre est le même, en ce sens que le malade ne peut plus marcher, c’est vrai, et c’est pour cela qu’il est dit à bon droit paraplégique ; mais il n’est pas moins utile de noter qu’en raison même de la condition qui lui donne naissance, l’abolition de la fonction ne peut être que partielle; de là découle, en effet, un précepte clinique