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FIÈVRE TYPHOÏDE ET TYPHUS

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Murchison a rapporté un fait qui offre plus d’une analogie avec le précédent : c’est un exemple de paralysie généralisée développée chez un convalescent de typhus, qui était atteint depuis quelques jours d’anasarque et d’ascite légère. Le typhus avait été contracté etl Grimée, au mois de mai 1855, et la paralysie persistait encore, surtout dans les membres inférieurs, lorsque cet homme arriva en Angleterre au mois d’août de la même année. Il se confia aux soins de Todd, et il guérit en quelques semaines sous l’influence d’un régime et d’une médication toniques (1).

Pour moi, je suis convaincu que l’hydrorachis, l’infiltration œdémateuse, et la congestion passive qui résultent de l’affaiblissement, de la contractilité vasculaire, ont été beaucoup trop oubliées dans l’appréciation pathogénique de ces paraplégies.

Il n’est pas sans intérêt de rappeler, à l’appui de cette idée, les remarquables travaux de Buhl sur les modifications intimes que subit le tissu cérébral, dans les pyrexies du genre typhus. A la suite de recherches précises et nombreuses, cet observateur a constaté que la proportion d’eau augmente notablement dans la masse cérébrale, pendant la période initiale et la période d’état de ces fièvres. La proportion normale de l’eau dans la substance blanche a été depuis longtemps fixée par les expériences de Bibra, elle est de 69,5 pour 100 : or, Buhl a trouvé constamment une augmentation, dont le minimum est de 5,98 pour 100, et il a décrit avec le plus grand soin les

(1) Murchison, A Treatise of thc continued levers of Gréai Britain. London, 1862.

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caractères physiques que cette modification imprime au cerveau. C’est là pour lui un œdème cérébral aigu, qui doit être regardé, dans la majorité des cas au moins, comme la condition organique des désordres que présentent les fonctions cérébrales, dans les périodes ascensionnelles des typhus. A la fin de la convalescence, l’œdème disparaît, souvent même la proportion d’eau tombe audessous du chiffre normal (1). Lorsque cet œdème cérébral n’est pas très-marqué, il ne faut rien moins qu’une analyse chimique pour en déceler la présence; c’est donc une lésion qui passe bien souvent inaperçue. Buhl n’a pas fait de recherches sur la moelle et je me garderai bien de donner à ses conclusions une extension arbitraire. J’ai voulu montrer que la possibilité d’un œdème passager du tissu nerveux est aujourd’hui bien établie; ce fait enlève à mon assertion de tout à l’heure son caractère hypothétique, et il nous apprend, une fois de plus, quelles précautions, quelle réserve sont nécessaires, lorsqu’il s’agit d’affirmer l’intégrité parfaite des centres nerveux.

Dysenterie. — Signalée par Sennert, Ettmuller etLieutaud, plus nettement indiquée encore par Fabricius, Zimmermann et Frank, la paralysie dysentérique revêt trèsrarement la forme paraplégique. Zimmermann parait cependant l’avoir observée, ainsi qu’on en peut juger par le passage suivant: « Chez quelques individus qui avaient été fortement atteints, il survenait une paralysie à la bouche, à la langue; chez d’autres, à toute la partie inférieure du corps; dans d’autres circonstances , la paralysie était universelle dans le moment même où la ma-

(1) Buhl, Ueber den Wassergehalt im Gehirn bei Typhus (Henle’s und Pfeufer’s, Zeitschr., III Reihe, IV Bd.).

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