PARAPLÉGIE DE L’ENFANCE
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les enfants deux espèces distinctes de paralysie : l’une dépend d’une lésion de l’encéphale et de ses membranes, l’autre est le résultat d’une altération dans le centre nerveux rachidien; cette altération consiste dans des produits d’exsudation qui agissent par pression sur les éléments nerveux contigus (1). Nous voilà bien près de la sclérose; car Rokitansky la regarde encore aujourd’hui comme le résultat d’une exsudation succédant à des hvpérémies répétées, ainsi que nous l’avons vu plus haut, en étudiant d’une manière générale la sclérose de la moelle. Or, l’existence de cette lésion dans la paralysie de l’enfance a été positivement démontrée par Laborde, qui en a observé deux exemples, et en a décrit les caractères avec une précision et une netteté qui ne laissent rien à désirer (2).
Il résulte de là que la paralysie, dite essentielle, de l’enfance, est l’expression symptomatique d’une altération matérielle de la moelle, et quoique les faits complets soient encore en bien petit nombre, ils sont déjà suffisants pour montrer que ce n’est pas toujours la même lésion qui est en cause; l’observation ultérieure enseignera quelle cst4a plus fréquente de ces altérations : remarquons toutefois, dès maintenant, qu’elles ont un caractère commun de grande importance, elles peuvent
(1) Verhandlungen der Berliner medicinischen Gesellschaft. Sitzung vom 17 December 1862 ( Deutsche Klinik , 31 janv. 1863).
(2) Laborde, De la paralysie ( dite essentielle) de l’enfance. Thèse de Paris, 1864.
L’auteur de ce travail remarquable s’est écarté quelque peu, je crois, ce son exactitude ordinaire, lorsqu’il a avancé que jusqu’à ce jour on n’avait fait que supposer la lésion méningo-spinale, sans en fournir la démonstration directe; cette proposition n’est vraie que’ pour la lésion spéciale qu’il a observée.
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toutes être rapportées à Tune des phases de la méningite ou de la méningo-myélite.Le fait de Berend et Recklinghausen (tubercules dans la moelle) doit être réservé, car rien ne prouve que les phénomènes cliniques aient été ceux de la maladie connue sous le nom de paralysie de l’enfance; mais cette observation n’en est pas moins utile, car elle impose au diagnostic une obligation de plus.
Quant à la paraplégie dite essentielle, survenant spontanément chez l’adulte, les progrès de l’anatomie et de l’histologie pathologiques , la connaissance de l’action exercée par certaines substances toxiques et certains états du sang sur les centres nerveux, en ont fait bonne justice ; et si l’on peut invoquer pour la paralysie généralisée essentielle, c’est-à-dire primitive et spontanée, deux observations de Kussmaul (1), il n’est pas un fait qui démontre l’existence d’une paraplégie présentant les mêmes caractères nosologiques.
Si nous cherchons maintenant les enseignements qui résultent de cette longue discussion, nous arriverons à des
(1) L’un des malades de Kussmaul est un étudiant de vingt-deux ans et demi ; il fut tué en quatre jours par une paralysie généralisée qui le surprit en parfaite santé, et dont le début coïncida avec un refroidissement. La mort eut lieu par asphyxie. Le second malade est un homme de cinquante et un ans, chez lequel la paralysie amena la mort en treize jours. Chez ces deux individus, l’autopsie fut absolument négative; au microscope aussi bien qu’à l’œil nu, le système nerveux fut trouvé parfaitement sain; il n’existait aucune affection viscérale qui pût justifier l’idée d’une paralysie d’origine périphérique , les malades n’avaient été soumis à aucune influence toxique.
Si je m’occupais de la paralysie en général et non pas de la paraplégie, il me serait facile de montrer que ces deux observations, si probantes en apparence, ne remplissent point encore toutes les conditions requises. Les auteurs qui les ont citées après Kussmaul, et qui les ont données comm