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SENSIBILITÉ

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altération concomitante de la sensibilité, du moment que la lésion reste bornée au système kinésodique de la moelle. D’un autre côté, l’existence de l’hyperesthésie, ou de l’anesthésie cutanée dans l’une quelconque de ses formes (perte de la sensation de contact, de lieu, de douleur, de température), ne fournit par elle-même aucune indication précise; la raison, c’est que la coexistence des troubles de sensibilité et des troubles de motilité est observée dans un grand nombre de paraplégies, quelle qu’en soit d’ailleurs la condition pathogénique. On se souviendra cependant que l’altération parallèle et, si j’ose ainsi dire, proportionnelle de la motilité et de la sensibilité est beaucoup plus fréquente dans les paraplégies organiques que dans toutes les autres, et l’on pourra tirer de ce fait un renseignement au moins probable. La raison anatomique de cette induction sémiotique a été donnée précédemment ; elle se trouve dans le petit volume de la moelle, lequel permet difficilement à une lésion de rester exactement et constamment limitée à l’une des parties de l’organe; la phlegmasie chronique à forme scléreuse présente une remarquable dérogation à ce principe général.

Il résulte de là que, dans la majorité des cas, l’exploration de la fonction de sensibilité dans les membres paralysés fournit peu de lumières au diagnostic pathogénique. Mais il est quelques circonstances dans lesquelles les indications sémiotiques tirées de ces désordres prennent au contraire une valeur pathognomonique, en ce sens qu’elles suffisent pour révéler l’existence d’une paraplégie organique. Ces cas sont plus rares que les autres, j’en conviens; mais ils le seraient infiniment moins, si le médecin, éclairé par des notions physiologiques précises,

!l9h SÉMIOTIQUE DES PARAPLÉGIES.

avait soin, chez tous les paraplégiques, de faire à ce sujet les recherches nécessaires.

L’hyperesthésie, qui est par elle-même un signe quasi indifférent, parce quelle est observée dans des paraplégies tout à fait dissemblables (organiques, hystériques, toxiques), devient un signe certain de paraplégie organique lorsqu’elle présente le caractère suivant : le simple contact de l’un des membres inférieurs détermine des sensations douloureuses dans l’autre membre. Ce phénomène est de l’ordre de ceux qui ont été désignés sous le nom de sensations associées (i); il indique que la portion de moelle à laquelle aboutissent les nerfs excités par le contact, est le siège d’une excitabilité anormale, qui se traduit par des manifestations douloureuses excentriques dans le membre du côté opposé; comme signe d’une altération matérielle de l’axe spinal, il a une valeur absolue ; il dit même plus, car il indique en même temps que cette altération n’a pas encore désorganisé le tissu nerveux. J’ajoute que si l’existence du phénomène est significative, son absence ne suffit point pour exclure la paraplégie organique, de sorte que par l’ensemble de ses caractères, ce signe est comparable à celui qu’on tire de l’exagération des mouvements réflexes.

Alors même que les membres inférieurs ne présentent ni hyperesthésie, ni anesthésie, l’exploration de la sensibilité peut fournir une indication qui n’est point à négliger. Des recherches attentives font souvent constater dans ce cas un retard évident dans la perception de l’excitation périphérique, qui a été portée sur les téguments des

(1) Voyez page 148.

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