‹ Etudes de pathologie nerveuseChapitre 128 sur 201 · I . Arch. de neur · texte numérisé non relu

I . Arch. de neur

l> A T 11 0 L 0 GIE N E H V E U S E

Deux ans après, la malade se plaignaitdc douleurs névralgiques au-dessous del’œil sur la joue gauche, et le long de l’arcade alvéolaire supérieure, où il ne reste plus de dents, depuis longtemps. La paralysie est demeurée stationnaire, tant au point de vue esthétique, qu’à celui des réactions électriques.

Les symptômes n’ont subi aucune modification notable depuis l’àge de soixantequatorze ans, jusqu’à celui de soixante-dix-neuf ans. La malade succomba à cette époque, au cours d’une épidémie de grippe. Pendant cinq ans, la paralysie faciale était demeurée le seul symptôme, sans que rien ne vienne attirer l’attention du côté des membres, ou des nerfs bulbaires.

Autopsie. — La mort semble due à une broncho-pneumonie.

Sur le côté gauche du bulbe, entre lui et le cervelet, on trouve (pi. XXVII, fig. 2) une tumeur du volume d’une petite noix, de forme irrégulièrement sphérique, présentant de nombreuses bosselures inégales. Sa coloration est d’un blanc rosé avec points hémorragiques comme celle d’un sarcome, mais la consistance est plus dure, c’estcelle

d’un fibrome.

Cette tumeur est située entre le cervelet auquel elle adhère et le bulbe quelle refoule vers la droite mais avec lequel elle n’a que des rapports de contiguïté; sa limite supérieure est un peu au-dessus du sillon bulbo-protuberantiel. Son extrémité intérieure légèrement effilée affleure le bas de l’olive bulbaire. Les racines de l’hypoglosse passent au-devant de la tumeur, dont elles restent indépendantes; le nerf est seulement légèrement refoulé en avant et en dedans. La pyramide gauche n’est pas en contact avec la tumeur. En soulevant celle-ci, on voit qu’elle marque son empreinte sous forme d’un léger sillon sur la partie postérieure de l'olive et le bord inférieur de la protubérance : les nerfs (vm, tx et x) sont refoulés en arrière, mais nettement indépendants du néoplasme Au contraire, le facial traverse la tumeur, à l’union de son tiers postérieur avec les deux tiers antérieurs : l’entrée du nerf se fait au fond d’une petite dépression en entonnoir; à sa sortie, il est accompagné sur un trajet de - niilli mètres par un petit prolongement de la tumeur.

En somme, tumeur d'apparence fibro-sarcomateuse adhérente au cervelet et comme

embrochée par le facial.

Pas d’autre altération appréciable à l'oeil nu des centres nerveux, sauf, à la paita postérieure de la moelle dorso-lombaire, de nombreuses plaques ossiloimes dé v cl I pées dans l’épaisseur des méninges molles cl que 1 examen miscioscopiquc moi constituées, comme le tissu osseux véritable, par des lames de substance ajant caractères de la substance osseuse, contenant des ostéoblastes et ciiconsciivant ^ cavités renfermant une véritable moelle osseuse. Seule, I infiltration calcaire L ' défaut, les plaques les plus volumineuses offrant la consistance de 1 os décalcifie laissant aisément débiter en coupes sans préparation spéciale. . ,s

Tous les peauciers de la face, soigneusement disséqués, sont notablement alu I à gauche par comparaison avec ceux du côté doit.

Examen histologique. — I" La tumeur (fixation par le formol à 10 p. 100, colot au picro-carmin ou à l’hématéi ne-éosine) est bien un fibrosarcome. Sa masse I

Pathologie nerveuse, Pl. XX\ I

Coupe d’une tumeur intramédullaire; à droite, faisceaux coupés longitudinalement; à gauche, faisceaux sectionnés transversalement : le protoplasma est coloré en rose, les fibrilles névrogliques en bleu; dans les cellules coupées transversalement on voit nettement la situation intracellulaire des fibrilles (méthode de Lhermitte avec surcoloration au xylol-éosiné).

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