Strumpell Neurolog. Centralbl., 1000, n
LA. P A R A L A’ S 1 E GÉNÉRALE JUVENILE
cit , le jugement devient incertain, la mémoire se trouble et présente de grossières lacunes rendues évidentes par les oublis répétés du malade et les erreurs saisissantes du calcul élémentaire. En même temps, le caractère se modifie et la suractivité de l’intelligence qui peut avoir marqué le début de la maladie fait place à une apathie, une torpeur pathognomoniques.
Le second des malades dont je rapporte 1 observation présenta justement à un haut degré cette perturbation du caractère et, de doux et laborieux qu’il était, il devint coléreux et irritable à l'extrême, en même temps que faiblissait son intelligence. En somme, la démence s'installe chez l’adolescent d’une manière assez analogue à celle de l’adulte et sans que les sujets dont l’autocritique est rapidement abolie aient le moindre souci de cette déchéance des facultés psychiques. La maladie toutefois se différencie assez nettement de ce qu’elle est chez l’adulte, en ce sens qu elle ne s’accompagne qu’exceptionnellement de phénomènes délirants. Et cela se conçoit si l’on songe que les conceptions délirantes d’un sujet ne sont faites que de matériaux psychiques lentement emmagasinés dans le cerveau et que le cerveau d'un enfant en est infiniment moins riche que celui d’un adulte. C’est donc sous la forme de démence simple et démence stupide si l’on veut, qu’évolue la paralysie générale de l’adolescent. Cependant, si les délires avec quelque envergure ne se rencontrent pas, on peut néanmoins observer, sinon un véritable délire, du moins des tendances délirantes surtout dans le sens mégalomaniaque. C’est ainsi que D... paraissait avoir une assez bonne opinion de lui-même et qu’il affirmait bien haut lorsqu’on 1 interrogeait qu’il avait un « bon coffre » et qu’il était fort. Les idées de grandeur ont été relevées dans un grand nombre de cas de paralysie juvénile, du moins à l’état d’ébauche ; les malades de Vogtet Frank disent qu’ils sont très heureux, possesseurs de grandes richesses, d’une beauté incomparable, mais, ainsi que le fait très justement remarquer Babonneix’, ces conceptions délirantes ne vont jamais très loin, ce sont de petites idées de grandeur en général niaises et puériles.
l’Ius rarement, l’état psychique se teinte de mélancolie ou d’hypocondrie, d idées de persécution, de culpabilité, de damnation (Bjclakow, YVesIphal-). Ainsi donc, je le répète, la paralysie générale de l’adolescent se présente sous la forme d’une démence simple, globale et progressive, à laquelle, exceptionnellement, s ajoutent quelques vagues idées délirantes mégalomaniaques, toujours sans grande consistance, n’allant dans aucun cas jusqu’au délire systématisé.
L Babonneix. Les idées de grandeur dans la paralysie générale du jeune âge. (Revue des mal. de l’enf., févr. 190(1.)