‹ Etudes de pathologie nerveuseChapitre 147 sur 201 · HUIT · texte numérisé non relu

HUIT

Radio^raphies^des mains du malade de l’observation IV (fig. r) et de l'observation V (fig. 2). — Pas de troubles de l’ossification; le malade de la lig. t n’est âgé que

LA PARALYSIE GÉNÉRALE JUVÉNILE

au début de la crise, soit à un membre, soit à un segment de membre. On pourrait croire à une épilepsie essentielle protopathique, mais l’apparition rapide d’un affaiblissement intellectuel vient montrer que l’alTection est plus grave et qu’il s’agit de paralysie générale progressive.

Diagnostic

Ainsi que je l’ai montré, le tableau clinique de la paralysie générale juvénile est assez expressif dans la majorité des cas, pour qu’il soit relativement facile de ne pas la méconnaître et aussi de la différencier d’avec les affections cérébrales de l’enfance.

Mais avant d’envisager le diagnostic différentiel de la paralysie générale juvénile avec les étals organiques de l’adolescence, il est nécessaire de passer rapidement en revue diverses manifestations névropathiques qui peuvent la simuler. Ces affections, en effet, à un moment donné de leur évolution, peuvent en imposer pour une maladie organique, et, en particulier, la méningoencéphalite, et c’est seulement par une analyse précise des symptômes dans l’un et l’autre cas qu’il est possible de les distinguer.

Je veux parler ici des phénomènes hystériques et hystéro-neurasthéniques. Cette question, si simple en apparence, est parfois des plus délicates à résoudre, d’autant que parfois, aux perturbations purement fonctionnelles, viennent se superposer des désordres organiques ainsi que l’ont montré A. Marie1 et ReyA

Pour n 'être pas exceptionnelle chez l’enfant ou l’adolescent, l 'hystérie arrive bien rarement à simuler, même grossièrement, la paralysie générale ; la tendance que les anciens auteurs avaient de rattachera la névrose les accidents

psychiques extravagants et inexplicables a aujourd’hui disparu depuis que l’on sait qu’il n’existe pas de folie hystérique, et que les cas étiquetés autrefois ainsi doivent être rattachés à une paralysie générale ou à une démence précoce plus ou moins entachées d’hystérie.

L’adjonction de phénomènes hystériques vient parfois modifier, en effet, le tableau clinique de la méningo-encéphalite et peut, dans quelques cas, rendre le diagnostic hésitant.

L’incertitude ne saurait être de longue durée même dans les cas les plus difficiles; la permanence des troubles intellectuels, l’existence de signes physiques essentiellement différents de ceux qui caractérisent l’hystérie, permettent d éliminer la névrose pure; la constatation de nombreux éléments figurés

1 • A. Ma nn

... ‘""■'■b. . uiuijaies generales et névroses. (Soc.

' Rey. Crises hystériques chez une paralytique. (A

nn. méd. psychol.

dans le liquide céphalorachidien retiré par ponction lombaire suffirait à elle seule pour fixer un diagnostic incertain.

La neurasthénie de l’enfance ne détermine jamais le déficit intellectuel qui caractérise la paralysie générale : les malades sont émotifs, troublés pour les motifs les plus insignifiants, mais leur jugement, leur raisonnement, conservent une parfaite netteté. Si donc le diagnostic des états neurasthéniques de l’adolescent avec la démence paralytique est, en général, facile à poser, il n’en est pas de meme avec une autre névrose très fréquente : Yépilepsie.

Celle-ci peut, lorsqu’elle s’accompagne de fréquentes attaques, aboutir à un état démentiel plus ou moins profond. Mais, dans ce cas, l’examen somatique, en montrant l’absence des signes physiques de la paralysie générale et l’étude de l’évolution de la maladie, permettront d’exclure la méningo-encéphalite. Il s’en faut, toutefois, que l’existence de crises convulsives avant l’apparition de la démence soit suffisante pour trancher la question; la méningoencéphalite peut, avant de provoquer l’affaissement intellectuel, déterminer des phénomènes convulsifs intenses et cela pendant plusieurs mois.

A l’époque de la puberté, se produisent des modifications profondes dans la sphère psychique, et celles-ci peuvent être assez marquées pour évoquer l’idée d’une paralysie générale au début ou d’une démence précoce. Plus fréquentes dans le sexe féminin, ces perturbations se traduisent par des changements de l’humeur, des modifications du caractère qui devient irritable, défiant, des idées qui prennent une teinte triste, hypocondriaque ou mélancolique. L’observation rapportée par Dcny1 est un exemple très démonstratif de l’importance de ces troubles de la puberté. Il s’agissait d’une jeune fille chez laquelle survinrent assez vite une dépression psychique, un abattement cérébral accompagné d’idées mélancoliques, qui pouvaient d’autant plus en imposer pour un état organique que les lettres de cette malade dénotaient un décousu et un manque de jugement remarquables. Transplantée dans un milieu favorable, cette jeune malade vit ses troubles mentaux disparaître assez vite et définitivement.

l'in dehors de leur évolution, ces troubles mentaux liés à l évolution pubérale ont des caractères suffisamment nets pour ne pas être confondus avec ceux de la paralysie générale.

Il ne s’agit pas, en effet, je le répète, d’un affaiblissement global de l'intelligence, avec perte précoce de l’auto -cri tique, mais plutôt d un désordre supeili ci cl des idées et du raisonnement avec parfois une teinte mélancolique ou hypocondriaque; les sentiments affectifs sont parfaitement conservés, ce qui n’est pas toujours le cas à beaucoup près, dans la paralysie generale. Lnlin,

Page 1