‹ Etudes de pathologie nerveuseChapitre 168 sur 201 · IUymond et Sicaiiij. Société de neurologie, janvier · texte numérisé non relu

IUymond et Sicaiiij. Société de neurologie, janvier

2. Malade présentées la Société de neurologie, par Raymond et Lejonne, séancedu 5 avril 1906.

Les troubles pathologiques présentés par la malade se résument à des phénomènes de paresie et d asthénie, atteignant de nombreux groupes musculaires, aussi bien ceux du domaine des nerfs crâniens que ceux du tronc et des membres.

Muscles innervés par les nerjs crâniens. — Le territoire du facial supérieur est peu atteint, 1 occlusion des paupières est toutefois moins forte que normalement. Le territoire du facial inférieur est pris davantage, les mouvements des joues et surtout ceux des lèvres sont diminués de force et d’amplitude.

Rien du côté des yeux, sauf un léger degré de myopie.

Les muscles masticateurs sont très atteints, la bouche est difficilement ouverte toute grande, la projection en avant du maxillaire inférieur est impossible. La langue est moins touchée, c'est surtout l’élévation et l’abaissement delà pointe et le repliement qui sont diminués. Le voile du palais, symétrique, est peu mobile; le réflexe pharyngien est diminué, il y a parésie des muscles du pharynx. Du côté du larynx, on observe une parésie des cordes vocales portant surtout sur la corde vocale gauche.

Dans ces conditions, on comprend que la voix soit nasonnée, mal articulée, la mastication difficile, la déglutition très troublée.

Les muscles du cou sont tous un peu atteints; la malade a tendance, surtout si elle se penche un peu, à renverser la tête en arrière.

Les muscles du membre supérieur sont un peu plus faibles du côté droit; la parésie prédomine nettement au niveau de la racine, le trapèze étant à peu près respecté. Les musclesdela main sont relativement indemnes; toutefois, parla répétition des mouvements, on leur fait rapidement perdre la force.

Aux membres inférieurs, le côté gauche paraît un peu plus faible; les muscles delà racine sont nettement plus pris; les fléchisseurs de la cuisse sur le bassin et de la jambe sur la cuisse sont notablement plus parésiés que leurs antagonistes. Les muscles de la jambe et du pied ont, en grande partie, conservé leur vigueur, du moins lorsque la malade est au repos.

Les muscles du thorax et de l’abdomen , les muscles moteurs de la colonne vertébrale participent hautement au processus d’asthénie : même n’étant qu’à demi couchée, la malade est incapable de se mettre sur son séant les bras croisés; elle ne peut pousser lorsqu’elle va à la garde-robe, du fait de la parésie de la sangle abdominale.

Les divers mouvements de la colonne vertébrale s’exécutent sans aucune force. Par contre, les mouvements respiratoires des intercostaux et du diaphragme s’cflectuent d’une manière satisfaisante et avec une amplitude suffisante.

Si l’on fait marcher la malade à grands pas, on met en évidence la parésie des muscles du tronc et de la ceinture pelvienne; tandis que la marche à petits pas s effectue bien, au moins au début, dès que la malade fait un grand pas qui l’obligea llechir le genou et à mettre enjeu les muscles de la colonne vertébrale pour rétablir 1 équilibre, elle oscille et manque de tomber.

De même, elle ne peut s’enlever pour monter sur une chaise par exemple, et si elle veut s’accroupir et se relever, ce n’est qu'en penchant le thorax.

Page 1