P A T 1 10 L O G I E NERVEUSE
La prédominance de certains symptômes nous permet de classer un assez grand nombre de formes : d’après la répartition de ces symptômes, il y a lieu de séparer une forme bulbaire, la plus fréquente et la plus anciennement connue, et une forme spinale; j'ai déjà suffisamment insisté sur toutes deux; de plus, on peut séparer toute une série de formes partielles limitées à certains groupes musculaires; parmi celles-ci, la mieux connue et la plus fréquente est certainement la forme ophtalmoplégique, où tout se résume en une parésie de certains muscles moteurs de l’œil ; mon malade S... a été pendant plus d’un an un type de cette forme limitée, avant que l’affection ne se fut généralisée à de nombreux groupes musculaires, mais la maladie peut très bien, dans tout le cours de son évolution, rester uniquement oculaire. Les localisations exclusives sur d’autres groupes musculaires sont infiniment plus rares, car je ne suis pas d’avis de faire rentrer dans la myasthénie, au moins pour le moment, le groupe des paralysies périodiques. L’adjonction de certains symptômes rares ou anormaux peut donner naissance à divers types cliniques qu’on ne me parait pas en droit de rejeter du cadre de la myasthénie. Parmi ces formes anormales , la plus importante est certainement la jorme amyotrophique avec atrophies musculaires importantes, parfois accompagnées de gros troubles électriques pouvant aller jusqu’à la D. R. et plus rarement de secousses fibrillaires. Le cas de mon malade G... est un bel exemple de cette forme; malgré l’intensité et la rapidité d’évolution du processus d’atrophie musculaire, je suis bien persuadé qu’il s’agissait chez lui d’une myasthénie pure.
Je rangerai parmi ces formes anormales la forme encéphalo-bulbo-médallaire décrite par certains auteurs italiens (Fabris, etc.), les troubles psychiques devant être considérés comme une véritable exception dans la myasthénie.
On pourrait peut-être décrire une série de formes frustes, ce seraient celles où manque un des caractères essentiels de la maladie ; j’y rangerais alors les deux cas décrits dans mes leçons cliniques de 1901, où faisait défaut la fatigabilité. Mais ces cas douteux, sujets à discussion, je les étudierai un peu plus loin avec les pseudo-myasthénies.
On décrira peut-être un jour toute une catégorie de formes basées sur
l’étiologie ou les lésions anatomiques et peut-être distinguera-t-on des formes surrénale, hypophysaire, thymique, etc.; à l’heure actuelle, une pareille clas-
sification, même pour des cas 1res limites, serait purement aibitiaiie.
Formes associées. — Mais il est des formes que nous connaissons mieux, ce sont celles où la myasthénie s’associe à une autre affection, névrose ou maladie organique. Parmi ces Jorrnes associées, la plus fréquente est peut-être celle où la myasthénie coexiste avec le goitre exophtalmique ; Oppenhcim l a étudiée tout particulièrement; tantôt une des deux affections est tout à fait