CHAPITRE VI
Étiologie
SOMMAIRE
Nous manquons de données précises sur l’étiologie de la myasthénie.
L’âge d’apparition est en moyenne entre vingt et quarante ans, rarement avant quinze ou après soixante ans.
Au point de vue du sexe, elle semble un peu plus fréquente chez la femme.
L’hérédité névropathique paraît jouer un certain rôle dans son apparition.
On retrouve chez les ascendants assez souvent des névroses (épilepsie, hystérie, neurasthénie), des psychoses surtout la mélancolie, des migraines; chez le malade lui-même, des malformations congénitales, auxquelles certains auteurs (Oppenheim) attachent une grande importance; des névroses, des maladies organiques du système nerveux (tabes, polynévrite, etc.).
L'hérédité directe ne paraît pas exister; ce n’est pas non plus une maladie familiale; il n’y a qu’une seule observation authentique concernant deux sœurs (Marinesco).
Dans les antécédents des malades, sans qu’on puisse leur faire jouer un rôle bien défini, on retrouve assez fréquemment : des maladies infectieuses très variées, des intoxications exogènes ou autogènes, des affections des glandes vasculaires sanguines (goitre exophtalmique, hypertrophie ou simple persistance du thymus).
La diversité de ces causes empêche d’accorder à chacune d’elles une véritable valeur.
Certaines conditions physiques ou psychiques paraissent propres à favoriser le développement de la myasthénie : au premier rang, le surmenage, puis le froid humide, enfin, les traumatismes et les émotions violentes.
Au total, la myasthénie est encore à l’heure actuelle une maladie cryptogénique.
Nous ne possédons pas encore à l’heure actuelle de données vraiment précises sur l’étiologie de la myasthénie.
Au point de vue de Yâge d'apparition, c’est surtout entre vingt ans et quarante ans que débute la maladie; trente ans est à peu près 1 âge d’élection; il est fort rare qu’elle apparaisse avant quinze ans ou après soixante ans. on a cependant décrit des cas authentiques où la première manifestation était survenue à quatre ans (E. Levi) ou inversement passé soixante-six ans (Wiener). On a même publié des cas d’origine congénitale (Bielchowsky) ; il n’est pas prouvé qu’il s’agissait bien là de myasthénie.
Dans les huit cas que j’ai rapportés ici, le début s’était montré respectivement à vingt ans (B...), vingt et un, vingt-six, trente et un, trentequatre, trente-huit, quarante-trois et quarante-quatre ans (Mme D...).
Au point de vue du sexe, il semble que les femmes soient atteintes un peu plus fréquemment que les hommes; cependant, sur les neuf cas publiés récemment par Levi, cinq concernaient des hommes; de mon côté, sur les huit cas que je relate dans ce travail, trois seulement se rapportent à des femmes.
Il ne paraît pas que les professions jouent un rôle dans l’apparition de la maladie, sauf celles qui exposent au surmenage et au refroidissement.
Les véritables causes efficientes de la myasthénie nous échappent encore; je vais passer en revue ce que l’on trouve dans le passé pathologique des malades atteints de cette affection, mais sans pouvoir décider en général, s’il s’agit de causes efficientes occasionnelles ou prédisposantes, voire même de simples coïncidences.
Il est assez fréquent de relever chez les myasthéniques une hérédité névropathique assez chargée, celle-ci n’étant reconnue que par l’interrogatoire ou l’examen des ascendants, ou bien pouvant se manifester par quelque anomalie de développement, ou encore par la présence de quelque maladie nerveuse concomitante.
On a publié des cas assez nombreux dans lesquels on trouvait chez les ascendants des accès d’épilepsie, des crises de neurasthénie ou d’hystérie, des psychoses, particulièrement la mélancolie. La migraine a été assez souvent signalée. Dans un cas de Oppenheim et Bruns, les père et mère étaient atteints de migraine, la mère de psychose puerpérale et la malade elle-même souffrait de migraines depuis son enfance. Une malade de Guthrie avait un oncle épileptique, une sœur atteinte de chorée pendant sa grossesse.
Mais l’influence héréditaire paraît se borner à créer le tempérament névropathique, l’hérédité directe ne s’observe pas. La myasthénie n’est pas non plus une maladie familiale, bien que certains auteurs, par exemple Kollarits, aient cru devoir la ranger dans ce groupe, mais c’était par rapprochement avec la paralysie périodique familiale. Quand on se borne à considérer les faits sans parti pris, on voit qu’il existe trois séries de cas familiaux publiés par Biclchowsky, Peters et Marincsco.
Les cas de Biclchowsky sont des plus douteux et il en est de même de ceux de Peters où l’on voit quatre enfants descendant d’un père syphilitique avoir un plosis bilatéral et présenter en outre le signe d’Argyll Bohcrlson ; deux de ccs enfants avaient de la fatigue rnyasthénique. Mais les antécédents syphilitiques héréditaires, les troubles pupillaires me font douter qu il s agisse bien là de myasthénie légitime. Pestent comme authentiques les observations