P A T HO L O G I E N E R V E U S E
tuante , les arsenicaux, la lecilhine, les glycérophosphates trouvent ici leur indication.
L’électricité, qu’on avait préconisée au début, est une arme à deux tranchants; comme Oppenheim, je la crois souvent plus nuisible qu’utile'; un peu de galvanisation centrale me paraît suffisante. Stcherbak, dans un cas récent, aurait obtenu une amélioration par la d’arsonvalisation ; la méthode aurait à tout le moins l’avantage d’être inoffensive, il y aurait donc intérêt «à l’essayer dans d’autres cas. Le massage ne donne pas de résultats bien appréciables (Murri); il faut le réserver aux cas accompagnés d’atrophie musculaire.
Certaines complications nécessitent une thérapeutique particulière; la diplopie pourra être corrigée par des verres appropriés ; les troubles accentués de la déglutition constituent parfois un danger redoutable : la chute de parcelles alimentaires dans les voies aériennes, la pneumonie de déglutition sont à craindre; l’introduction de la sonde œsophagienne, toujours délicate dans ces cas, peut être dangereuse et amener des crises asphyxiques, aussi faudrat-il ne s’en servir qu’en dernier recours, essayer autantquc possihled’alirnenler le malade par très petites quantités à la fois, à la suite d’un sommeil qui l’a reposé.
Au fond, c’est là surtout un traitement hygiénique.
On a tenté de faire davantage ces dernières années et on a essayé un traitement pathogénique.
On s’est adressé aux causes supposées de la fatigue myasthénique; Weichardt a préparé une antitoxine de la fatigue; elle a paru jusqu’ici donner peu de résultats, du moins chez l’homme (Oppenheim, Corner).
Kaufl'mann, partant des idées théoriques que j’ai exposées en étudiant la palhogénic de la myasthénie et constatant chez les malades la destruction d’albumine et le défaut d’oxygénation au niveau des muscles, conseille un régime alimentaire excessivement riche en albumine, de fréquentes inhalations d’oxygène et même l’injection sous-cutanée d’oxygène.
Les lésions constatées ou supposées des glandes à sécrétion interne ont amené à essayer de nombreux traitements opothérapiques et l’on peut dire que toutes les glandes isolées ou associées, sous forme de poudres ou d’injections, ont été essayées. La poudre de parathyroïde ou plutôt la paragangline de Vassale aurait donné des succès à quelques expérimentateurs italiens (Galvagni, P. Fabris). La surrénale semble avoir amené, dans certains cas, des résultats favorables (Raymond cl Sicard). Vincent et Delille ont obtenu un succès à la suite de l’ingestion de poudre d’hypophyse associée a la poudre d’ovaire. La thyroïde a été employée avec succès soit seule, soit associée au thymus (Goldflam) ou à la surrénale (Buzzard); Kaufïmann conseille la sperminc. Il serait fastidieux de prolonger cette énumération.
M Y A S T H É NIE B U h B 0 S P IN A L E
Pour ma part, voici le bilan thérapeutique des cas que je publie ici ; d’abord, les ms défavorables : chez B..., avec de l’adrénaline, puis delà spermine en injections, il s’est produit une légère amélioration suivie d’une rechute qui a amené la mort du malade. L’état de Mlle G..., malgré un traitement combiné de poudre de thymus, de surrénale et d’ovaire est resté stationnaire avec tendance à l’aggravation. Chez Mme P..., le traitement de poudre de surrénale et d’hypophyse associées n’a pu enrayer la marche progressive des accidents et la malade a succombé.
Puis les cas douteux : A...., traité alternativement par la surrénale et par le thymus, semble avoir retiré de bons effets de la médication surrénale, je n’oserais pourtant pas affirmer qu’elle soit pour quelque chose dans sa guérison ; j’en dirai autant de L..., qui a pris régulièrement de la poudre de surrénale et de thyroïde, parfois de la poudre de ganglion lymphatique ; bien que sa tension artérielle soit remontée à la suite du traitement surrénal, cette augmentation de tension disparaissait toujours très peu de temps après cessation du traitement, et je suis convaincu que le malade aurait guéri spontanément. De même pour S..., qui s’est amélioré à la suite d’un traitement surrénal, je ne suis pas sûr qu’il y ait relation de cause a ellet entre le traitement et l’amélioration constatée.
Restent deux cas plus favorables : chez Mme D..., sans avoir obtenu encore une guérison complète, il semble bien que le traitement surrénal ait été suivi par deux fois d’une amélioration nette; et surtout G..., traité d’abord sans succès par la poudre de corps thyroïde, me paraît avoir tire un îéel bénéfice de l’opothérapie surrénale et je crois fermement que le traitement a été pour quelque chose dans sa guérison rapide.
En résumé, en face d’un cas de myasthénie, outre le repos et le traitement hygiénique qu’il faut toujours prescrire, j’estiinc que nous ne devons pas négliger la méthode opothérapique. L’embarras commencera lorsqu il faudra décider quelle méthode opothérapique employer: c’est ici que nous guidera la recherche des signes d’insuffisance glandulaire sur lesquels j ai insisté; s il y a hypotension et phénomène de la ligne blanche, ce sera une indication a donner de la surrénale; l’existence de tachycardie, d instabilité du pouls avec hypotension commandera la poudre d’hypophyse; s il s agit dune lemme mal réglée, un peu obèse, il y aura intérêt à y associer de la poudre d ovaire ou plutôt de corps jaune. Il ne faut pas craindre de tâtonner un peu et surtout d’associer ensemble plusieurs glandes.
D’autre part, il convient dese montrer prudent, de bien surveiller chez son malade les effets du traitement, et de ne pas oublier que ces poudres de glandes sont souvent très actives cl très toxiques et qu’il est dangereux d’ajouter une nouvelle intoxication à celle dont le processus myasfhéniquc esl l’expression.