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luré ou agité de secousses convulsives. Le signe de Babinski, ou même l’exlension constante du gros orteil, précède souvent la paralysie.
Une monoplégie ou une hémiplégie s’accusent alors, transitoires ou définitives, soit avec diminution des réflexes au début, soit avec leur exagélation, 1 état des réflexes est d ailleurs très variable à cette période, et peut changer d’un jour à l’autre.
Cette phase de symptômes généraux et de phénomènes paralytiques est le plus souvent assez courte. Rapidement, en efl’et, la maladie s’affirme, soit vers une aggravation des manifestations cérébrales et la mort, soit vers leur amélioration. Cependant, cette période fébrile et aiguë de la maladie s’esl quelquefois prolongée pendant plusieurs semaines, jusque pendant deux mois dans un cas de Strümpell.
Quoi qu il en soit, apres la chute de la température et l amendement des phénomènes généraux, la guérison est encore loin d’être complète.
Ln dehors meme des symptômes en foyer, émergeant du tableau clinique complexe jusqu alors présenté par le petit malade, on constate souvent la persistance, pendant une période plus ou moins longue, de phénomènes nerveux diflus, comme la contracture plus ou moins généralisée, les spasmes des membres, du tronc et de la face, l’hyperesthésie ou l’hypoeslhésie sensitivo-sensorielle.
Quelquefois enfin, après la cessation des phénomènes aigus, on observe toute une série de phénomènes parétiques et ataxiques, rappelant d’assez près la symptomatologie de la sclérose en plaques. Ils ont été mentionnés par Balten, Comby, Nil Filatow et Concelli; nous suivrons donc ces auteurs dans leur description. A la paraplégie complète qui suit la période aiguë succède une démarche lente, lourde, spastique et incertaine, parfois même titubante et véritablement ataxique. Les mouvements des membres supérieurs sont également hésitants, incoordonnés et accompagnés d’un tremblement intentionnel. La parole est embrouillée, lente, scandée; et, chez les jeunes enfants particulièrement, la déglutition reste longtemps difficile. Le nyslagmus est fréquent. Les réflexes tendineux restent longtemps exagérés, et les réflexes cutanés abdominaux sont souvent absents. L’intelligence ne revient (pic très graduellement à la normale, 'fous ces phénomènes, indiquant évidemment la présence de lésions disséminées dans tout le névraxe, peuvent durer plusieurs mois; mais, chez l’enfant, il est très peu d’observations dans lesquelles ce syndrome de sclérose disséminée diffuse ait persisté définitivement-
Comme ces manifestations diffuses, les symptômes en foyer, hémiplégies ou monoplégies, peuvent rétrocéder, en totalité ou en partie, quelquefois après plusieurs mois; mais plus souvent, cl contrairement aux manifestations diffuses, ils se constituent d’une façon permanente. Ces reliquats des cnceph*1
L’ENCÉPHALITE AIGUE ET SUB AIGUE
lites aiguës de l'enfance rentrent dans le chapitre bien connu des encéphalopathies infantiles, elje ne m’attarderai pas à leur description. Ce sont, d’une part, les paralysies spastiques, monoplégies, hémiplégies, diplégies, contractures, syndromes de Little cérébraux, pour l’étude desquels je renvoie à la thèse de Cestan. Ce sont, d’autre part, les athétoses, tremblements, mouvements choréiques ou ataxiques persistants. Ce sont encore les troubles intellectuels : excitation cérébrale simple, arrêt de développement des fonctions psychiques et affaiblissement des facultés précédemment acquises, de l’arriération à l’idiotie. Ce sont enfin les accès convulsifs épileptiformes, dont la persistance est encore un facteur d’aggravation du déficit intellectuel, par suite de la production, lors des accès, de petites hémorragies sous-pie-mériennes, aboutissant à la formation de foyers de sclérose superficielle interrompant la couche des fibres tangentielles (Alquier).
Nous avons fait ici la description des formes graves de l’encéphalite de 1 enfance, c’est-à-dire de celles que l’autopsie, ou la persistance de symptômes manifestes de lésions cérébrales en foyer, permettent d’identifier. Or, il se place certainement à côté d’elles des formes plus bénignes et aussi plus fréquentes. Lorsque, chez un enfant, éclatent des symptômes cérébraux fébriles de quelque durée, auxquels on a jusqu’ici -donné le nom de convulsions fébriles, de congestions cérébrales, etc., on doit, à mon avis, penser que le substratum anatomique de ces phénomènes, même suivi d’une guérison en apparence complète, consiste bien plus souvent en un certain degré d’inflammation diffuse ou circonscrite qu’en un simple état de congestion cérébrale.
Encéphalite aiguë et subaiguë de l'adulte. — L’encéphalite aiguë et subaiguë de 1 adulte, qu elle apparaisse d’une façon primitive ou secondairement à une infection ou aune toxémie préexistantes, se présente suivantla cause, le terrain sur lequel elle évolué, la diffusion ou la localisation des foyers, leur siège, I intensité des phénomènes généraux et la durée de son évolution, avec une grande variabilité d’aspect qui complique sa description.
Modes de début. — Dans la règle, la maladie entre en scène d’une façon rapide, mais progressive. Un convalescent de grippe, par exemple, ressent depuis plusieurs jours des frissons violents et répétés, des céphalées, des vertiges, des bourdonnements d’oreilles; il a des nausées et des vomissements et la température s’élève. Peu après ces phénomènes d’invasion, traduisant surtout l’infection générale, de réels symptômes cérébraux apparaissent. Ce sont, avec la céphalée, des signes d’excitation intellectuelle : dehre, jactation, et d’irritation des zones motrices : trénuilation, agitation des membres, convulsions localisées et contracture, quelquefois même un peu de
trismus, de dysphagie, de raideur de la nuque. De même que chez les enfants, ce dernier symptôme est rarement très marqué. Le signe de Kernig est encore plus exceptionnel dans les formes pures.
Une autre modalité consiste en la précession des symptômes fébriles et paralytiques par une période prodromique de quelques semaines, en général marquée par de la céphalée, de l'insommie, des vertiges. Cette phase initiale peut encore se traduire sous la forme d’une somnolence tenace et progressive. Quelquefois encore, ce sont des accès répétés de « congestion cérébrale » (Gangilano) , ou bien des crises comitiales espacées. Dans quelques cas enfin, des signes cérébraux dillus précèdent d’assez loin les symptômes des lésions en loyer : troubles moteurs et troubles de la marche, transitoires; troubles de la parole, manifestations sensorielles ; ou même des phénomènes intellectuels, délires passagers, agitation maniaque, et, plus souvent, états confusionnels plus ou moins marqués.
Lorsque ces manifestations prodromiques à long terme précèdent de plusieurs mois, comme dans le cas de Mollard et Cade, l’apparition des phénomènes aigus, l’on ne peut évidemment les considérer comme faisant partie de l’évolution même de l’encéphalite aiguë. Il faut plutôt voir en elles la traduction de lésions vasculaires ou d’altérations cellulaires dégénératives, processus subaigu ou chronique dont l’origine peut être trouvée dans une intoxication ancienne, de source variable. Les phénomènes aigus surajoutés, survenant sur ce terrain de moindre résistance, et dus à une toxi-infection nouvelle, rentrent seuls dans le cadre de l’encéphalite que nous décrivons.
Phase des phénomènes paralytiques. — Après ce début d’allure variable, et présentant des difficultés considérables pour le diagnostic, l’encéphalite aiguë s’accuse alors par des caractères plus manifestes.
Les symptômes d’infection générale sont, à cette période, plus ou moins marqués. La température est le plus souvent élevée; mais il n’existe pas de type fébrile bien caractéristique. Le plus fréquemment observé semble être le type continu, oscillant autour de 3!)“ ; mais parfois la fièvre est à grandes oscillations, à défervescences quotidiennes, matutinalcs ou vespérales, comme Murat1 l’a indiqué à plusieurs reprises. Il est rare, contrairement à ce qui s’observe au cours des mésencéphalites, que la température ne s’élève pas au moins pendant quelques jours; cependant le fait a été constaté.
Le pouls, le plus souvent rapide, ne suit pas exactement la marche de la température; mais dans l’encéphalite pure, sauf à la période terminale, il reste d’ordinaire régulier et soutenu. La respiration devient fréquente, mais sans irrégularités.
I . Mt hat. Thèse de Lyon, 1895. Gazelle des hôpitaux, 4 décembre 1906.
L'ENCEPHALITE AIGUE ET SUBAIGUE
Les vomissements, la rétraction du ventre sont rarement observés. Les exanthèmes polymorphes, l’herpès, la splénomégalie ont été quelquefois constatés dans des cas d’encéphalite survenant au cours d’épidémies de méningite épidémique.
À ce moment, la forme de réaction cérébrale le plus souvent observée, quel qu’ait été le mode de début, est une somnolence profonde allant jusqu’à l’état comateux ; les yeux sont en mydriase, les réflexes tendineux et cutanés sont affaiblis.
C’est alors que surviennent les signes d’une lésion en foyer. On assiste d’ordinaire au développement progressif de symptômes paralytiques (généralement une hémiplégie, plus rarement une monoplégie, contrairement à ce qui se passe chez l’enfant); la paralysie s’accompagne assez souvent d’une déviation conjuguée de la tête et des yeux. Très fréquemment, d’ailleurs, les symptômes paralytiques sont précédés de phénomènes d’irritation de la voie pyramidale, fait assez caractéristique de la maladie. Ce sont : la rigidité, la
contracture « uni » ou bilatérale, des tiraillements convulsifs des membres, des secousses localisées ou des crises d épilepsie jacksonienne, des mouvements choréiques, ataxiques, athétosiques. J’attire en outre l’attention sur un symptôme très particulier, que j ai observé dans un-etrs d encéphalite avec méningite séreuse circonscrite, mais qui me parait propre à l’encéphalite; ce sont des mouvements cloniques, rythmiques, se manifestant sur plusieurs groupes musculaires, et au nombre de 50 à 60 par minute, et qui persistèrent jusqu’à la mort, ils atteignaient dans ce cas les muscles du cou, de la nuque et des bras.
L exagération des réflexes d’un ou deux côtés du corps, le signe de Babinski ou même l’extension constante du gros orteil, le signe d’Oppenheim, parfois plus évident que le précédent, la trépidation spinale « uni » ou bilatérale sont fréquents, et précèdent même la contracture ou la paralysie.
lous les symptômes cérébraux caractérisant une lésion en foyer ont pu etre observés, associés ou non à l'hémiplégie. Ce sont : la dysarthrie, très
fréquente, 1 aphasie, l’hémianopsie, les troubles pseudo-bulbaires, beaucoup plus rares.
Assez souvent, en l’absence de signes en foyer, l’ataxie des mouvements, le nystagmus, les troubles de la parole et de l’équilibration dominent la scène. Ils peuvent être sous la dépendance de lésions d’encéphalite disséminée. I outefois, lorsque les troubles de l’équilibre et de la synergie sont
particulièrement marqués, ils indiquent des lésions du cervelet ou de ses pédoncules.
Lnfin, en dehors des troubles visuels par lésions d’encéphalite, on constate, dans certains cas, une hyperémie de la papille, dont les veines sont sinueuses cl dilatées, traduisant une névrite optique associée à l’encéphalite.