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LES CÉRÉBROPATHIES DIFFUSES HISTOLOGIQUES

voulut bien nous donner des renseignements précis sur ce qui s’est passé depuis celte époque, fit le diagnostic de gastrite aiguë avec retentissement secondaire sur le foie. En effet, cet organe était augmenté de volume, douloureux, avec un subictère durable. On ne constatait rien d’anormal du côté des membres inférieurs. Au bout de trois semaines de repos et de régime lacté, ces symptômes s’amendèrent, la malade se leva pour reprendre ses affaires, et tout semblait terminé, lorsque, brusquement, le 19 novembre 1904, elle est prise de faiblesse des membres inférieurs et tombe près de son lit, sans avoir éprouvé ni vertiges, ni étourdissements.

Le médecin, rappelé en hâte, constata une paraplégie flasque presque absolue, avec abolition des réflexes tendineux, mais sans troubles delà sensibilité. A ce moment également, notre confrère remarqua que la malade présentait des troubles mentaux d’emblée très particuliers. Indifférente et un peu hébétée, elle oublie tout ce que l’on vient de lui dire, ne se souvient même pas de l’accident de la veille, etc.

Les jours suivants, les phénomènes paraplégiques ne s’améliorent pas ; la malade se plaint de ressentir, dans les jambes, des douleurs continues, avec exacerbations paroxystiques que réveillent les pressions sur les muscles et sur les troncs nerveux, et la mobilisation des articulations.

L’état demeurant stationnaire, on fait admettre la rmjade à l’hôpital Cochin. On constate alors une paraplégie flasque avec abolition des réflexes tendineux et cutanés, s’accompagnant de douleurs spontanées et provoquées dans les masses musculaires des membres inférieurs. Les troubles psychiques se sont encore accentués. La ponction lombaire montre que le liquide céphalo-rachidien est nettement albumineux et contient un grand nombre de lymphocytes (25 à 30 par champ d’immersion). Étant donné cette lymphocytose rachidienne, bien qu’il n’existe dans ses antécédents aucune trace d’infection spécifique, et qu’on ne constate aucune manifestation ancienne de syphilis, un traitement spécifique intensif est institué, et la malade reçoit vingt piqûres d’huile biiodurée. Ce traitement n’eut d’ailleurs aucun résultat.

Quinze jours après l’entrée à l’hôpital, la paralysie gagne les membres supérieurs; le bras gauche d’abord, puis le droit, deviennent presque inertes. Sur sa demande, et bien que son état ne s’améliore pas, la malade sort de l’hôpital le 21 décembre 1904. Rentrée chez elle, les douleurs augmentent encore d’acuité, l’état mental s’aggrave, la malade est absolument confuse, incapable de fournir aucun renseignement.

Elle est enfin hospitalisée dans le service de la Clinique de la Salpêtrière le 28 décembre 1904. Depuis celte époque, l’état est resté sensiblement le même, et aucun phénomène nouveau n’est apparu.

Avec un faciès un peu cyanosé, des yeux brillants, la malade est en proie à une certaine agitation; les mouvements rapides et limités des mains, l’instabilité du regard, les changements fréquents de la position de la tête en constituent des expressions saisissantes.

Les membres inférieurs restent allongés, immobiles, sur le plan du lit; la paralysie qui les frappe est presque absolue. Les pieds sont en extension, le bord interne légèrement relevé, et, malgré tous ses efforts, il est impossible à la malade d’en modifier les attitudes.

Pour être moins accusée aux membres supérieurs, la paralysie n’y est pas moins évidente. Les deux mains sont tombantes, les mouvements du poignet, des doigts sont très limités. Ceux des avant-bras et surtout des bras sont un peu plus respectés, mais s’exécutent avec une extrême faiblesse.

Les mouvements de rotation, de flexion et d’extension des muscles du cou sont faibles et limités. La musculature delà face, des yeux, de la langue est absolument indemne.

La parésie s’étend encore aux muscles du tronc et de l’abdomen. Celui-ci, ballonné, a une paroi excessivement llasque. La motilité est presque abolie pour les muscles dorsaux, et très diminuée pour les muscles intercostaux, et vraisemblablement aussi pour le diaphragme.

Les muscles parésiés présentent un certain degré d’atrophie. Celle-ci est surtout manifeste dans les muscles des membres inférieurs : on constate à la jambe l’atrophie dugroupeantéro-externe;à la main, l’atrophie des interosseux; à l’avant-bras, celle des muscles extenseurs. En somme, cette amyotrophie diffuse est nettement plus accusée aux segments des membres les plus éloignés du tronc; les muscles de l’avanl-bras et de la main sont plus pris que ceux du bras et de l’épaule, et ceux de la jambe plus atteints que ceux de la cuisse.

De plus, l’examen électrique, pratiqué par M. Huet, montre de très importantes modifications quantitatives et qualitatives, dans les muscles apparemment atrophiés.

La sensibilité est moins gravement atteinte que la motilité et ses troubles sont surtout d’ordre subjectif. Déjà, avant son entrée dans nos salles, la malade a ressenti des douleurs assez marquées dans les membres inférieurs, douleurs assez tenaces, empêchant le sommeil, irradiant depuis la face postérieure de la cuisse jusqu au pied. Depuis le moment où nous la suivons, ces phénomènes douloureux gardent la même intensité. La mobilisation, le moindre déplacement des membres, principalement des iambes, suscite un réveil des phénomènes douloureux. Le signe de Lasegue est extrêmement prononcé des deux côtés. Aux membres supérieurs, il suffit de comprimer le radial à travers le triceps, le cubital dans la gouttière retro-epitrochleenne, le médian à la partie moyenne de l’avant-bras ou à son épanouissement dans 1 éminence lh< nar pour réveiller des douleurs extrêmement vives. La pression, meme modérée, du paquet vasculo-nerveux du cou et du nerf phrénique, est également intolérable.

Les sensibilités thermique, tactile et douloureuse, sont en général conservées, et il existe même des zones d’hyperesthésie superficielle. Cependant a 1 extrémité du membre inférieur gauche, il existe une zone d’hypoesthesic, aux liois modes, occu pant tout le pied et remontant jusqu’au tiers supérieur de la jambe, en diminuan

par une gradation progressive.

Les sensibilités profondes, le sens des attitudes segmentaires, sont indemnes, saut toutefois pour les mouvements des orteils, qui, parfois, ne sont pas exaclemc nt localis •’ Les réflexes cutanés abdominaux et plantaires sont totalement abolis. Il en est même des réflexes tendineux, aussi bien ceux des membres supérieurs que ceux

membres inférieurs. ,

Enfin, il existe des phénomènes sphinctériens et des troubles trophiques accu

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