P A T II 0 L 0 G I E NERVEUSE
Oa sait, cependant, que les intoxications exogènes les plus diverses peuvent produire le syndrome de Korsakoff, et que les intoxications d’origine endogène, quelles soient dues à des viciations humorales par troubles viscéraux ou à des toxines microbiennes, sont capables d’aboutir au meme résultat. Toutefois, la question devient plus complexe lorsqu’on cherche d’une manière précise le mode d’action d’un poison déterminé, l’alcool, par exemple.
On ne saurait admettre, sans discussion, que les troubles mentaux aigus qui surviennent chez les alcooliques, l’ivresse exceptée, soient dus à l’action de l'alcool sur les centres nerveux; en effet, d'une part, on ne trouve pas d’alcool dans l’organisme des alcooliques, en dehors de l’imprégnation coïncidant avec les excès de boisson; d’autre part, l’alcool est rapidement transformé; cl enfin, les troubles cérébraux apparaissent fréquemment après une longue période d’abstinence ; même dans certains cas» l’abstinence brusque semble être la cause provocatrice des accidents. Ce sont donc plutôt des accidents para-alcooliques: et si on ne peut nier l’influence primordiale du poison éthylique, du moins son action directe, à elle seule, ne peut-elle suffire à expliquer la genèse de la psychose polynévritique.
En réalité, ainsi que les recherches de Rlippel, de G. Ballet, deKrükenberg, L. Lévi, M. Faure, Lhermitte l’ont démontré, c’est grâce aux lésions hépatiques surtout, et aux lésions rénales secondairement, provoquées par l’alcool, que celui-ci se trouve être le facteur étiologique le plus fréquent de la psychopolynévrite. Ce rôle de ces lésions hépaliques(dc la cirrhose hypertrophique graisseuse surtout), dans la pathogénie des névrites elles-mêmes, vient d'être récemment mis en lumière par MM. Klippel et Lhermitte'.
Cependant, si cette perturbation hépalo-rénale peut se trouver, à elle seule, responsable de la détermination du syndrome morbide, elle n’explique pas, dans tous les cas, l’apparition des accidents. Souvent elle agit en préparant le terrain à une toxémie infectieuse surajoutée, par infection gastro-intestinale, hépatique, urinaire, qui devient ainsi la cause efficiente de la psychose. La façon dont se combinent ccs divers facteurs pour produire les accidents cérébraux chez les alcooliques, explique ainsi la possibilité du développement d’accidents en tout semblables chez des individus indemnes de toute tare alcoolique, puisque le poison exogène n’agit pas par son influence pi opic sui les centres nerveux, mais par l’intermédiairede processus toxiques ou toxi infecta ux secondaires. Il est probable, enfin, que ces deux grands émonctoires ne sont pas les seuls qui soient touchés, ni les seuls susceptibles, par lems déviations fonctionnelles, de provoquer l’apparition de la psychose. L insuffisance fies glandes internes à fonction antitoxique ne peut-elle pas produire des eficl.