Journal de neurologie, 5 janvier
'5. Scuuster. l'sychischc Slôrungcn bel llirnlumoren, Stuttgart, 191)2.
4. Janet. Kyste parasitaire du cerveau* (Arch. génér. de médecine, octobre 1091.)
LE SOMMEIL DANS LES TUMEURS CÉRÉBRALES
de la jambe et légère liypoesthésie droite. Il existe un spasme facial gauche ; réflexes tendineux normaux ; céphalée vague. L’intelligence est saine, mais la mémoire abolie pour les choses récentes. Il est enfin difficile de fixer l’attention. La malade se rendort dès qu’on l’abandonne, il faut la secouer pour qu’elle écoute ; elle semble souffrir quand elle fait effort pour penser et causer. Son sommeil est calme, habituellement sans rêves. Aucun trouble du côté des viscères ou des organes des sens.
Après une phase d’aggravation, avec intolérance gastrique et fièvre à 40», avec pouls ralenti à 60, tous les symptômes, y compris la torpeur, semblèrent s’améliorer un peu. Mais cette amélioration ne fut que transitoire : de nouveau 1 état saggia\a rapidement et la malade succomba le 29 août.
A l’autopsie, on trouva, dans la pointe du lobe sphénoïdal gauche, un kyste parasitaire, mesurant 3 centimètres de diamètre.
Dans son travail, Soca rapporte le cas suivant :
A la suite d’un bain froid, une jeune fdle de dix-huit ans, domestique, et n ayant, jusque-là, présenté aucun phénomène anormal, perd subitement connaissance. Dès ce moment, la vision et les forces s’affaiblissent rapidement, la malade fut prise de céphalée et de vomissements. Lors de son entrée à l’hôpital, la vue était presque perdue, par atrophie de la papille; la marche presque impossible.
Pendant sept mois, cette jeune fdle reste endormie d’un sommeil, en apparence, naturel, d’où elle sort, parfois, spontanément. Chaque jour, on la réveille pour la faire manger, lui parler, etc. Pendant ces sept mois, l’intelligence a notablement diminue.
Il n’y a aucun signe net de localisation cérébrale. La malade ne peut s asseoii dans son lit, le bras droit semble paralysé. Pas de signe de Babinski. Les réflexes rotuliens sont forts.
Mort par broncho-pneumonie tuberculeuse.
A l’autopsie, on trouva un sarcome du volume d’une mandarine, occupant la région hypophysaire, le chiasma, les éminences mamillaires, comprimant les pédoncules cérébraux, surtout le gauche, et pénétrant dans le troisième ventricule jusqu au trigone.
Soca fait remarquer :
1° Qu’il s’agit bien là d’un véritable sommeil et non de coma : la malade peut être réveillée j facilement et se trouve aussitôt en. pleine connaissance.
2° Que le sarcome comprimait les pédoncules et le plancher du troisième ventricule. Soca rappelle à ce propos, que Gayetet Wernicke, s appuyant sur l’existence de sommeil dans la polioencépbalite supérieure, se demandent s il n’existerait pas un véritable centre du sommeil, dans la substance grise de l’aqueduc de Sylvius et le plancher du troisième ventricule.
Soca résume, enfin, trois observations. L’une de Dévie et Courmont a trait à un gliome des deux premières fronlalos, La sylvienne était en outre throm-
bosée. Cliniquement, la malade avait présenté plusieurs accès de sommeil et divers troubles mentaux.
La seconde, qui fit 1 objet d une these de Kiel, est due à Mensinga et date de
Une femme de quarante-six ans est prise en parlant et en mangeant d’accès de sommeil : elle se néglige, devient malpropre. En même temps, on note une diminution des forces, de l'intelligence et de la mémoire.
A quarante-neuf ans, ses jambes deviennent faibles, raides, douloureuses. Six mois plus tard apparut de l’incontinence d’urine. Enfin, à cinquante ans, sommeil diurne et nocturne; la vue baisse progressivement; la malade meurt dans le coma. A l’autopsie, tumeur de la région hypophysaire, grosse comme un œuf de poule comprimant le troisième ventricule, les pédoncules, la protubérance, le chiasma.
Enfin, la troisième observation a été publiée par Staunens en 1885, dans le Mediciner Zeilung :
Un homme de cinquante-six ans, atteint d’hémiplégie gauche, fut pris, pendant les six dernières semaines de sa vie, d’un sommeil dont on ne pouvait le tirer que momentanément pour lui parler. L’autopsie révéla l’existence d’une tumeur grosse comme un œuf de poule dans le corps strié droit.
Je signalerai ensuite le cas de Righetti 1 : il s’agit d’un gliome du chiasma et de la base développé chez une fillette de douze ans : l’enfant est dans un état de sommeil continuel; si on l’appelle, elle s’étire, gémit comme quelqu'un qui se réveille; ses réponses sont lentes, monosyllabiques. L’auteur croit pouvoir attribuer ce sommeil à des troubles circulatoires engendrés par la compression de l’hypophyse : celle-ci jouant le rôle d’un organe régulateur de la circulation sanguine.
La meme année, Lugaro2 3, dans un travail consacré à une longue étude histologique d’un gliome des deux centres ovales intéressant la capsule interne et les noyaux gris centraux, signale brièvement une somnolence qui aboutit a une torpeur mentale très accentuée. L’auteur incrimine ici l’intoxication due aux cellules névrogliques néoformées.
Un autre fait a été publié encore en Italie par branceschi Une jeune fille de vingt-six ans fut prise, cinq à six mois avant la mort, de somnolence continuelle, progressive, aboutissant bientôt a un sommeil continu, qui n’est pas le coma, car on peut la réveiller et il n’y a pas de troubles du pouls ni de la respiration.
1. Righetti. Rivisla di palol. nervosa e mentale 1903, n"’ 0 cl 7.