CHAPITRE II
LES TUMEURS DU CORPS CALLEUX
SOMMAIRE
Introduction et historique. — Il existe une opposition entre les physiologistes qui considèrent le corps calleux comme une zone silencieuse et les pathologistes qui décrivent aux lésions du corps calleux une symptomatologie assez riche. Ces lésions, en particulier les tumeurs, ne sont pas absolument rares ; on a publié de ces dernières plus de 70 cas. Les recherches de Liepmann sur l’apraxie ont en partie renouvelé le sujet: ce qu’est l’apraxie motrice. r
Symptômes classiques des tumeurs du corps calleux. Observations personnelles. Première observation. Homme de cinquante-huit ans, début en apparence brusque, par ictus laissant a sa suite une hémiparésie droite progressive, avec tremblement, ataxie et hypoesthésie egtrc r u meme cote; diminution globale de l’intelligence; signes de compression cérébrale modérée. Mort dans le marasme trois mois après l’ictus. Autopsie : gros gliome occupant le genou et le bec du corps calleux, se prolongeant en avant dans le lobe frontal et latéralement
fns e centre ovale du côté gauche. Noyau secondaire au niveau des circonvolutions frontale et pariétale ascendantes.
Deuxième observation. — Homme de quarante ans ; pendant trois mois, période prémonioirc ( e rou j es psychiques ; début apparent par une hémiplégie gauche progressive avec
„ r eraC"l,el h,P°“lhésie d“ Obnubilation intellectuel!^ rapidemlnt
progressive. Signes de compression cérébrale très modérée. Autopsie : sarcome détruisant le
droit P°S UneUI dU C°rpS calleux’ et envahissant la moitié postérieure du centre ovale
^ Physiologie pathologique des symptômes observés chez ces deux malades. — Tous les svmnsvmnt S eXP ;qUCnl trCS bien par ^extension de la tumeur en dehors du corps calleux. Le seul
2 ff.’ danS ®es deux q- puissereconnaîtreune localisation calleuse, c’est le syndrome mental spécial qu’a présenté au début le deuxième malade. *
de lfaEon^nHes ~ Sy"drorad mental est caractérisé par un manque
cations du caractère bizarrerie dans les manières et les actes, de profondes raodifi-
l’obnubRatio^^ Tul parf°is m,5mc ^ raPidement, est masqué par
enectueue ou la demence qui viennent s y superposer
** dC mnin.
En se développant, la tumeur envahit les p irties voisines ; c’est alors qu’elle se traduit pai les signes sui lesquels insistent les auteurs classiques ; ce ne sont donc que des symptômes d’emprunt.
L apraxie motiice dans les tumeurs du corps calleux. — Résumé des cas récents de tumeurs du corps calleux où l’on a observé de l’apraxie motrice : observations de Hartmann, de van Vleuten et de Forster.
Parmi les observations plus anciennes, il est probable que dans celle de Zingerle, il existait del’apraxie motrice.
Mais l’apraxie motrice observée dans ces divers cas de tumeur est-elle bien due à une lésion du coips calleux ? Dans aucun de ces cas, la tumeur n’est limitée à cet organe ; toutefois, dans chacun d eux, ce sont des régions assez différentes qui sont prises, ce qui est une présomption en faveur du rôle du corps calleux dans l’apraxie.
Objections. 11 pourrait s’agir d’une action à distance, de phénomènes de diaschisis ou encore de troubles psychiques généraux.
Ces objections ne semblent pas insurmontables, et les phénomènes d’apraxie motrice paraissent pouvoir être considérés comme un symptôme de lésion du corps calleux.
Valeur séméiologique du syndrome mental el de i apraxie motrice dans les tumeurs du corps calleux. — La constatation de ces symptômes à la période de début pourra, dans certains cas ditliciles, permettre le diagnostic de tumeur cérébrale.
Mais, à la période d’état, le diagnostic de tumeur cérébrale étant fait, ils perdront de leur valeur pour le diagnostic de localisation : le syndrome mental n’existe pas alors ; on ne peut le rechercher que par un interrogatoire de l’entourage, très délicat ; l’apraxie motrice peut se montrer sans que le corps calleux soit lésé; bien plus, il semble que l’apraxie puisse manquer dans des lésions, même étendues, du corps calleux.
En conclusion, nous avons à notre disposition deux symptômes nouveaux pour nous permettre de localiser une lésion au niveau du corps calleux : les troubles psychiques particuliers du début et l’apraxie motrice ; mais de nouvelles recherches sont encore nécessaires pour juger leur valeur respective.
LES TUMEURS DU CORPS CALLEUX
Introduction et Historique
Les physiologistes ont depuis longtemps considéré le corps calleux comme faisant partie de la zone silencieuse du cerveau ; les cliniciens ont cependant décrit comme appartenant en propre aux tumeurs de cette région toute une série de symptômes, mais ceux-ci me paraissent, avant tout, être des symptômes d emprunt et, jusqu’à ces dernières années, ma conviction était que seuls quelques phénomènes psychiques assez particuliers pouvaient être attribués avec vraisemblance à une lésion du corps calleux.
Des travaux récents ont en quelque sorte réhabilité le corps calleux; contrairement à ce que nous enseignait la physiologie, la méthode anatomo-clinique est venue montrer que le corps calleux semblait jouer un rôle en rapport avec son importance anatomique de grande commissure interhémispherique. II me parait intéressant d’envisager à la lumière des données nouvelles la question des tumeurs du corps calleux, d’autant plus que les livres spéciaux 1 sont encore fidèles au point de vue ancien.
Sans être absolument rares, les tumeurs du corps calleux ne semblent pas très Irequentes : depuis que Bristowe 2 attira l’attention sur ce sujet il n’en a guère etépublié que soixante-dix cas, surtoutà l’étranger, car, en France, je ne vois a noter, à ma connaissance, à part l’observation ancienne de Pasturaud s que celles de Marcel Labbé 4, Dévie et Paviot 5, Séglas et Fonde 6, Lantzen-
ménl °UChe BliSSaUd Gnfin lGS deUX cas 10 clue J’ai Pubüés plus récem-
Les premiers observateurs, Bristowe en particulier, avaient cru pouvoir
CUte Une s>niplomalologie spéciale à ces tumeurs. Plus lard, Giese Bail-
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