Liepmann, loco cilalo
•L Lewandowsky. Berlin. Klin. Wochensch., 22 juillet 1907.
'• !'• Rose. Apraxie des muscles céphaliques. (Semaine médicale, 15 avril 19011.)
dont les seuls troubles apparents sont des phénomènes mentaux; ou bien à la période d’état, lorsque sont apparus des troubles moteurs et sensitifs accompagnés ou non de stupeur et de graves désordres intellectuels.
Dans le premier cas, l’erreur pourrait être commise avec un syndrome neurasthénique, siquelques symptômes discrets : vomissements, céphalée localisée, léger œdème papillaire, n’orientaient le diagnostic vers une tumeur de l’encéphale. C’est alors que la constatation du syndrome mental spécial et des phénomènes d’apraxie motrice gauche rendra de grands services en permettant de supposer que le corps calleux est atteint par le néoplasme.
La paralysie générale pourra prêter à confusion, d’autant plus que les troubles apraxiques, plutôt il est vrai du type de l’apraxie idéatoire, s’y rencontrent avec une certaine fréquence1, mais l’état psychique du paralytique général est bien différent: s’il peut avoir des traits communs, la bizarrerie dans les actes et le caractère, par exemple, la déchéance intellectuelle est bien plus profonde chez le paralytique général, même au début.
A la période d’élat, au contraire, le diagnostic de tumeur cérébrale s’impose habituellement, mais la détermination du siège de la tumeur pourra être entourée des plus grandes difficultés à ce stade d’extension et de compression. On pourra parfois dépister le syndrome mental typique; on ne le confondra pas avec les troubles psychiques qui existent dans les tumeurs du lobe frontal ; dans les tumeurs frontales, l’intelligence est plus atteinte, le raisonnement plus troublé, le caractère davantage enclin à la gaieté, parfois on observe la moria des auteurs allemands2. L’apraxie gauche constatée avec absence d’apraxie droite sera un argument de plus en faveur d’une localisation au niveau du corps calleux.
Ce syndrome mental pourrait d’ailleurs, à mon avis, s’observer parfois dans des tumeurs du lobe frontal, mais il faut alors que la tumeur soit excessivement étendue et ait détruit une grande partie d’un lobe frontal; or, dans ce cas, le syndrome ne sera jamais / mr , mais accompagné de troubles mentaux divers qui bien souvent le masqueront.
Si les troubles mentaux sont déjà diffus, I histoire clinique du malade,
I interrogatoire attentif des proches, permettra parfois de retrouver au début de la maladie le syndrome mental que j’ai décrit, sinon la seule ressource sera la constatation de l’apraxie motrice gauche, mais, en général, elle ne permettra pas à elle seule de localiser la tumeur dans le corps calleux. En cllcl, si l’existence de l’apraxie motrice dans les tumeurs du corps calleux est un
1. Soutzo cl Ma ii hé. Apraxic au cours de la paralysie générale {l'Encéphale, 100/)- II. Clalde cl Lévy-N alensi. Soc. de i>sych., I (î juillcl 1908.
2. Jastiiowitz. Deulsch. Med. Wociien., 11188. — Léonoha YVklt. Ueulsch. Zcilsclir. f. Ne.rvenheilk., 1888.
LES TUMEURS DU CORPS CALLEUX
fait établi, il n’est pas exact qu’apraxie motrice signifie toujours lésion calleuse, même si l’apraxie est localisée à gauche ou prédomine nettement de ce côté.
En effet, d’après les données actuelles, l’apraxie motrice gauche peut être engendrée par toute lésion isolant le sensomotorium de l’hémisphère droit. Cet isolement est réalisé par une lésion du corps calleux qui soustrait l’hémisphère droit à l’influence directrice de l'hémisphère gauche; mais il peut l’être d’une autre manière, par une lésion interrompant les connëxions qui unissent le sensomotorium droit aux sphères visuelles et auditives du même hémisphère. Entre ces deux ordres de lésions, le diagnostic se fera en général par le fait que l’apraxie motrice gauche par lésion calleuse est beaucoup moins accentuée, et parfois aussi par la constatation de symptômes de voisinage, plus favorables à l’une ou à l’autre localisation. Il pourra être des
plus délicats : remarquons, d’ailleurs, qu’il s’agit plus là d’hypothèses que de faits précis, les autopsies confirmatives faisant encore défaut.
Enfin, souvent, les troubles intellectuels ou encore les phénomènes parétiques seront assez considérables pour masquer l’apraxie ou du moins empêcher sa recherche1, le diagnostic de localisation précise sera alors impossible, il ne pourra être qu’approximatif.
Les tumeurs du centre ovale ou in tra- ventriculaires qui secondairement compriment le corps calleux peuvent avoir une symptomatologie identique 2, seule l’apparition précoce ou tardive des troubles mentaux ou de l’apraxie motiicc gauche pourrait faire incliner vers une tumeur primitivement ou secondairement calleuse.
Certains auteurs (Schuster3, Duret 4) ont même tenté de préciser la situation exacte de la tumeur dans le corps calleux lui-même 5 . Je pense que c’est là un diagnostic hasardeux, basé presque uniquement sur des symptômes de voisinage indiquant l’envahissement des régions les plus rapprochées, couche optique et ses radiations, tubercules quadrijumeaux dans les tumeurs qui se développent en arrière; lobe frontal dans celles qui se développent en avant; j’attacherai plus de valeur à la céphalée précoce du début, qui parfois par son sicgc hontal ou occipital fera incliner vers une localisation antérieure ou postérieure. La constatation de l’apraxie motrice gauche ne sera pas d’un
L t aneguossi. Pohchnico, fasc. 5, sezione medica, 10011. Catola, loco cilalo Hunzikeh. Deutsche Zeitschr. /'. Nervenlieilk., It)0(i.
Schuster, loco cilato.
L Duret. Les Tumeurs de l’encéphale, 1905.
ilrCi!al0)’ 4 propos de lésions limitées du corps calleux essaye également SSnî" "iraSCS ,éeI°nS * '» commissure. Quoique ^^ 0"
ce travail, je le crois prématuré à l’heure actuelle. 1
grand secours pour cette localisation, tout au plus signifiera-t-elle que le tiers moyen du corps calleux peut être intéressé.
Si cette apraxie manque, je ne me croirai pas en droit d’affirmer l’intégrité du tiers moyen du corps calleux.
En effet, bien que depuis les travaux de Liepmann, il n’ait été publié à ma connaissance aucun cas de tumeur du corps calleux où l’on puisse affirmer qu’il n’existait pas d’apraxie 1 à part peut-être celui de Muggia, il n’est aucunement prouvé que l’apraxie motrice se retrouve dans tous les cas de tumeurs intéressant cette région du corps calleux, en l’absence de troubles mentaux qui pourraient la masquer; il semble bien même que ce soit là une hypothèse inadmissible et qu’une lésion même étendue du corps calleux ne se traduise pas forcément au point de vue clinique par de l’apraxie ; c’est ainsi qu’Ascenzi 2 n’a pas constaté d’apraxie dans un cas de kyste hémorragique du corps calleux, Giannelli 3 4 5 dans un cas de ramollissement, etc. Tout phénomène apraxique faisait également défaut chez un malade que j’ai récemment observé ; l’autopsie montra cependant une gomme du corps calleux, occupant surtout, il est vrai, la.région du bourrelet.
Par contre, lorsque avec des phénomènes de tumeur cérébrale on constate de l’apraxie motrice gauche, il ne faut pas se hâter de conclure à une tumeur du corps calleux, il peut s’agir d’une compression du corps calleux par action de voisinage; fait plus important, sur lequel j’attire particulièrement 1 attention, une simple compression par hydrocéphalie suffirait pour produire ce symptôme (Westphal '*). Liepmann lui-même en a rapporté un exemple"; « on rie doit pas toujours s’attendre, dit-il, à trouver un Joyer massif, là où existe de l’apraxie. :>
Si les cas de cet ordre se multipliaient, on conçoit que, sans diminuei l’intérêt théorique et clinique de l’apraxie motrice, son importance séméiolo gique s’en trouverait fort amoindrie au point de vue d une localisation au niveau du corps calleux, puisque les tumeurs cérébrales s accompagnent liéquemment d’hydrocéphalie intense avec dilatation ventriculaire accentuée.
1. .Ic ne fais pas étal du cas de Mingazzini-INazaiu, bien que publié en 1908 (Policlin. sez. pralica ) puisqu'il concerne une malade observée en 1304, ni de celui de Moinei i Icniiogi . de la Salpêlr., septembre 100!)), où la tumeur ne faisait qu'effleurer la partie postérieure du bourrelet du corps calleux, ni de ceux de Zeppilli et d’IUuENSCHEiD (Münch. Mediz. Wocli., Ier mars 1010, n° 0) dans lesquels l’examen au point de vue de l’apraxic a manqué ou a été fait incomplètement.
2. Ascenzi. Kyste hémorragique du corps calleux. ( Rivista di paloloij. nervos. e mentale, fasc. 1, 1008.)