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LES RYTHMES ET LEUR ÉTHOS

$ 1. — L'éthos des rythmes d'après les théoriciens antiques.

Les anciens attachaient aussi une très grande importance au rythme. Des trois arts « musicaux », — la poésie, la musique, la danse, — chacun peut se passer des deux autres, mais aucun ne peut se passer du rythme. Un aphorisme souvent reproduit et qui semble être parti de l'Ecole pythagoricienne, c’est que le rythme est mâle, et la mélodie femelle. Une classification qui paraît répondre aux idées communes des anciens, c’est que les rythmes sont de trois sortes : les uns calmants (hésychastiques), les autres excitants (diastaltiques), ou resserrants (syslaltiques). |

En général, la doctrine grecque sur l’éthos des rythmes surprend le musicien moderne qui, en admettant que par « rythme » il faut entendre la « mesure » (1), ne peut concéder un caractère éthique à un groupement quelconque de valeurs, que si le mouvement d’exécution, le temps, est donné. Ici comme pour les modes, les valeurs relatives des éléments de la mesure (rythmes du genre égal, du genre double ou du genre sesquialtère) ne signifient rien par elles-mêmes. On peut faire du calme ou de la frénésie aussi bien avec des iambes qu'avec des dactyles, indifféremment : tout dépend de la durée qu'on donne par convention au temps premier ; tout dépend de l'allure de la mélodie, de ce que les Grecs appelaient la (conduite » (Gywy4), ou mieux encore «le dynamisme de la conduite » (2). Or les anciens parlent bien de cette « conduite », ils la définissent même très bien en disant qu’elle est « la lenteur ou la rapidité dans la succession des temps » (3) ; mais

(1) Encore le rythme antique, ainsi réduit à son élément fondamental (le pied), ne correspond-il pas à la « mesure » des musiciens modernes. Le « pied » est une mesure mélodique ; la mesure moderne est indépendante de tout contenu mélodique.

(2) Τὰ μεγέθη χινεῖτα! τῶν ποδῶν διὰ τὴν τῆς ἀγωγῆς δύναμιν (Aristoxène).

(3) Ῥυθμιχὴ χρόνων τάχος ἢ βραδυτής (Aristide Quintilien).

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