‹ Études de philologie musicale IIIChapitre 107 sur 169 · Les rythmes δ le principe d'imitation · texte numérisé non relu

Les rythmes δ le principe d'imitation

1° Ce que l’on trouve dans tous les textes où l’éthos des rythmes est défini, c’est l’idée qui est à la base des rites magiques: l’idée d'imitation. Selon qu’un rythme est composé de parties égales ou inégales ; selon qu'il commence par un levé ou un frappé ; selon que les brèves ou les longues y prédominent, l'esprit antique le considère comme imitant un mouvement réel, et le rattache d’abord aux actes que ce mouvement accompagne, enfin aux sentiments, aux émotions et au caractère moral dont ces actes sont le signe. 1] y a là,en même temps qu'une loi physiologique, une intervention de l'imagination usant d’équivalences et de symboles ; mais l'emploi d'une forme rythmique est toujours justifié par le désir de faire accorder les moyens de l’imitation avec son objet. En revanche, une fois qu’il a été appliqué à l'expression d’un ordre d'idées déterminé et que la tradition a consacré cet usage, un rythme bénéficie de la valeur morale de ces idées qui, en réagissant sur lui, fixent sa signification esthétique et, pour ainsi dire, sa personnalité. Tout cela est réglé, dans le principe, par la préoccupation d’un but pratique à atteindre ; et je considère comme sans valeur historique (en ce qui regarde les origines) l’opinion de Cicéron attribuant à une pensée de pur agrément l’organisation musicale du discours en vers (2).

(1) Revue musicale, août 1906, p. 386 et suiv.

(2) Haec duo musici, qui erant iidem poetae, machinati ad voluptatem sunt, versum atque cantum, ut et verborum numero, et vocum modo, delectatione vincerent aurium satietatem. {C'est la thèse opposée à celle de M. S Reinach.)

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