LA MUSIQUE PENDANT LES REPAS
la proclamation de l'Indépendance aux États-Unis ; voici l’ordredes faits que j'ai observés :
1° Au début du repas, un des convives de la table d'honneur s’est levé et a « remercié Dieu pour les bonnes choses qui allaient être servies » ; tous les autres convives l'ont écouté debout.
2° Dans la dernière partie du repas, il y a eu des discours de deux sortes : les uns exprimant des vœux pour la prospérité de l'Amérique, pour celle de la France et pour l’union des deux pays; les autres étaient des œuvres spirituelles et de pur agrément.
3° La musique de la Garde républicaine accompagnait chaque toast. — En elle s'épanouissait encore l’antique péan transformé.
Un historien de l'avenir, pour qui nous serions déjà « l'antiquité », à peine distincte de la civilisation gréco-latine, n’hésiterait pas à voir là une suite reconnaissable des usages du paganisme.
Nos banquets, avec leurs « toasts » et, quelquefois, leur prière préalable, sont d'origine rituelle,
L'usage d’y faire entendre de la musique peut être rattaché aux sacrifices païens qui, eux-mêmes, l'avaient emprunté à la magie primitive ; la musique instrumentale, en pareille circonstance, est un développement désapproprié de l’incantation qui, avant que les formules orales devinssent des prières, puis des vœux, enfin des compliments de courtoisie, leur donnait un caractère impératif.