‹ Études de philologie musicale IIIChapitre 129 sur 169 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

L'histoire du dithyrambe n’est pas sans analogie avec celle de la « plainte d’Adonis » et du thrène. Ici encore, le point de départ est une idée simple et un rite magique très net ; l’incantation qui le constitue se développe peu à peu, s'enrichit du côté artistique de ce qu’elle perd du côté des pratiques superstitieuses, et elle aboutit finalement à de grandes fêtes sociales, à des représentations solennelles de drames lyriques.

Le dithyrambe est le chant en l’honneur de Dionysos, dieu de la vigne et des vignerons. Mais ce mot, qui signifie exactement /e deux fois né (épithète de Dionysos qui, une fois sorti du sein de Sémélé, séjourne quelque temps dans la cuisse de Zeus), appartient à une époque déjà avancée où l'imagination poétique organise des mythes. Nous devons remonter plus haut.

Que le chant, la danse et la musique aient été mêlés, chez les Grecs, à des scènes de vendanges, cela nous paraît aujourd’hui tout naturel; à la récolte du raisin et au vin nouveau ne peuvent être associés, semblet-il, que des sentiments et des gestes d’allégresse. Mais nous ne pouvons pas nous contenter, comme explication, de cette habitude toute moderne de voir les choses. D'abord, il s’agit de scènes qui ont un caractère religieux. Ensuite, les primitifs, ceux que nous sommes obligés de concevoir bien avant la brillante civilisation hellénique, ne débutent pas par l’allégresse ; ils débutent par l'étonnement ; la joie même suppose une certaine angoisse préalable. Essayons donc de nous expliquer comment on a pu concevoir un dieu de la vigne, pourquoi il y a de la musique dans son culte et comment le théâtre est sorti de tout cela.

$ 1. — Les origines du dithyrambe.

Certes, c’est un problème capital et très obscur que celui des origines du théâtre grec: capital, parce que cet art dramatique, tel que les an-

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