QE
a — don ! Tout jusqu’au haut des monts l’im- plo- re. No-tre Da-me du bout du ------Φ--Φ-Φ ---- —
δ᾽ bp ΞΞΕΞ- ---ὅ-- = pont, Se-courez moi à cet- te heu-re !
8 2. — Commentaire de ce chant.
Voilà un document complet ; il convient de s’y arrêter un instant, PU voir en quoi il nous instruit sur des usages antiques.
° Jeanne d’Albret semble indifférente à cette superstition ; elle paraît ἐπ conformer par obéissance : c’est le vieux roi, le grand-père d'Henri IV, qui s’en souvient et en demande la mise en pratique; d'ordinaire, c'est bien ainsi que se passent les choses : dans les familles, ce sont les personnes les plus âgées qui restent fidèles aux anciennes traditions et qui, en certains cas, proposent ce qu'on appelle des « remèdes de bonne femme ». |
2° S'agit-il bien ici d'une opération de magie ? Le chant est-il employé comme ayant une vertu propre, agissante et eflicace par elle-même, indépendamment de l’état d'esprit du chanteur, comme une expérience de laboratoire qui, nécessairement, lorsqu'elle est bien faite, doit produire tel résultat prévu ? Rien n’est plus clair. Le roi de Navarre ne demande pas à sa fille d'élever sa pensée vers Dieu et de faire appel à la miséricorde d’en haut dans la crise qu’elle traverse : il lui demande un acte très utilitaire et pratique, dans lequel les sentiments élevés de la religion ne semblent pas engagés. D'abord, — trait caractéristique, - il] fait avec elle une sorte de marché : chante ceci, et je te donnerai un collier, une boîte d’or, mon testament... Puis l'historien semble appliqué à souligner le caractère miraculeux des effets obtenus : l'enfant vient au monde sans pleurer ; il respire sans faire la grimace — ce qui est extraordinaire — le jus d’une gousse d’ail ; enfin, sans en être incommodé, il avale une goutte de vin, ce qui est considéré par la médecine comme la plus grave des imprudences ! Tout cela a bien