LE CHŒUR
Phèdre, consumée sur un lit de douleur, se renferme dans son palais, et un voile léger couvre sa tête blonde. Voici le troisième jour, m’a-t-on dit, que son corps n'a pris aucune nourriture. Atteinte d’un mal caché, elle veut mettre fin à sa triste destinée.
O jeune femme ! tu es poursuivie par quelque divinité, soit Pan, soit Hécate, soit les Corbyantes ou Cybèle, qui erre en délire sur les montagnes. Peut-être est-ce pour quelque offense envers Diane chasseresse, pour quelque faute commise dans l’accomplissement des sacrifices, que tu es en proie à ce mal? Car elle parcourt les terres et les mers; rien n'échappe à son empire.
AUTRE CHŒUR (tbid.) :
Amour, amour, qui verses par les yeux le poison du désir et de la volupté dans les cœurs que tu poursuis, ne me sois point hostile, et ne déchaîne pas contre moita fureur ! Ni la flamme dévorante ni les traits lancés par les astres ne sont plus terribles que les traits de Vénus lancés par les mains de l'Amour, fils de Jupiter.
En vain, en vain la Grèce immole des hécatombes de taureaux à Jupiter Olympien sur les bords de l’Alphée, et à Apollon Pythien dans le sanctuaire de Delphes, si nous négligeons le culte de l'Amour tyran des hommes, gardien des plaisirs de Vénus, et auteur de la ruine des mortels, qu'il précipite dans tous les malheurs lorsqu'il fond sur eux.