‹ Études de philologie musicale IIIChapitre 44 sur 169 · ΔΑΝ ΔΛ Δ AT DE A · texte numérisé non relu

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(1) Seventh annual Report of the Bureau of Ethnology, p. 214.

So LE CHANT MAGIQUE ET LA MÉDECINE

On peut considérer cette mélodie comme fondée sur la gamme d’ut

avec quatre bémols; c'est une transposition de l'échelle dorienne des anciens :

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A ces indications de Hofman, j'ajouterai, en ce qui concerne l’Amérique, les détails suivants.

Dans son étude sur la musique des Indiens Ohama, miss Fletcher classe à part «les chants liés à la connaissance et à l’usage de racines ou herbes médicinales », et elle ajoute : « Ces chants accompagnent la recherche, la cueillette et la préparation des plantes : tout le monde peut les entendre, mais nul ne songe à s’en servir sans y avoir droit, car ils constituent des propriétés privées, respectées comme telles par les vieux et les jeunes. Les remèdes sont appliqués en musique. Chant et médecine vont ensemble.» Un médecin indien est propriétaire deses chants comme un de nos pharmaciens est propriétaire des remèdes qu'il a inventés.

$ 4. — Les modernes. Les Gréco-Latins.

Nous n’avons pas besoin d'aller ailleurs que chez nous pour observer des faits analogues, ou de même espèce. Nous savons qu'au xvr° et au xvi® siècle on se faisait encore traiter par des « charmes ». Guillaume, abbé de Saint-Thierry, raconte dans sa Vie de saint Bernard, que Bernard, enfant, étant tourmenté d’un violent mal de tête, on lui amena une femme magicienne pour apaiser sa douleur par un «carmen » (1). Cela fait songer aux vers de Tibulle (1, 5, 8) parlant de la maladie de Délia au chevet de laquelle une chanteuse avait été appelée. C’est la præcantatrix, dont parle Plaute dans une de ses comédies (2), et quiétait employée pour les maladies. Pline l'Ancien (1° siècle de l’ère chrétienne) et plusieurs autres auteurs ont sérieusement discuté la valeur de ce genre de médecine (3).

(1) Vie de saint Bernard, 1. I, ch. 1, dans la Collection des monuments relatifs à l'Histoire de France, Paris, 1825, t. X, p. 152.

(2) Miles gloriosus, acte III, scène 1, v. 99, et III, 2.

(3) Macrobe dit aussi (1. IT, Songe de Scipion, ch. ur). « Ita omnis habitus animæ cantibus gubernatur, ut et ad bellum progressui et item receptui canatur, cantu et

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