LE « VERS » MAGIQUE
Marcellus, pour je ne sais plus quelle autre maladie, conseille le carmen suivant, qu'il faudra « chanter » (præcantare) à jeun : Ext hodie nata si ante nata, si hodie creata, si ante creata ; hanc pestem, hanc pestilentiam, hunc dolorem, huuc tumorem, hunc ruborem, has loles, has tosillas, hunc panum, has paniculas, hanc strumam, hanc strumellam, hanc religionem, eroco, educo, excanto de istis membris, medullis (1). Ici, les césures et les divisions sont indiquées à la fois par le sens et par les allitérations, les groupes de sons. On peut scander ainsi :
Exi hodie nata, si antea nata | sihodie creata, si antea creata, | Hanc pestem | hanc pestilentiam |
Hunc dolorem, hunc tumorem | hunc ruborem | Has toles | hastosillas, | Hunc panum | has paniculas |
Hanc strumam | hanc strumellam | hanc religionem
| Evoco | educo | excanto |
De istis membris | medullis ||.
5° Il y a enfin telle formule narrative, nettement destinée au chant (præcantio, dit Marcellus), et dans laquelle on peut voir quelque chose d’analogue à ce qu’on a appelé le « long vers » dansles odes de Pindare: Stabat arbor in medio mari et 1bi pendebat situla plena intestinorum humanorum ; tres virgines circumibant, duæ alligabant, una revolvebat. Ce carmen (qui, pour le dire en passant, ressemble au début de certaines chansons populaires où règne le coq-à-l’âne) n’a pas de rythme. Tout au plus pourrait-on scander aïnsi (?) :
Stabat arbor in medio mari
Et ibi pendebat situla plena intestinorum humanorum ; Tres virgines circumibant, Duæ alligabant, una revolvebat.
Il est vrai que cela doit être « préchanté » trois fois ; le carmen acquiert ainsi, par la répétition globale, le rythme qui lui fait défaut intrinsèquement.
Toutes ces formules ne sont certes pas comparables à celles de Virgile ou d'Horace ! — Ce sont des carmina, au sens antique du mot.
(XVe Tr.
8 4. — Le vers musical.
Dans la musique instrumentale, les vers sont constitués de la même facon. Nous avons d’abord le vers construit sur le type A, À’ B(Kyria, Kyria, Kassaria Sourôrbi). Le n° 32 de la Passion selon saint Jean commence (violes d'amour) par ces deux vers qui reparaissent constamment au cours de la pièce :
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