TRAITEMENT D'UN MOTIF DONNÉ
répétition ternaire et quaternaire en magie et en musique) sont tellement nombreux qu’il faut renoncer à tenter une énumération. Je dois me contenter d'indiquer des principes généraux que je résume ainsi :
Il y a eu non pas un, mais plusieurs nombres rituels dans la magie ; de même il y a non pas une, mais plusieurs formes types de répétition dans la composition musicale. Ces divers rythmes ne sont pas plus contradictoires que l’étymologie de différents mots pris dans les langues romanes et rapprochés de leurs origines latines. Un langage n’est pas organisé d’après une règle unique. S'il y a eu un âge où, incontestablement, la musique a fidèlement reproduit des types de composition empruntés à la magie, il y a eu un moment où, ne conservant que le principe traditionnel et très général de la répétition, la musique l’a librement interprété.
$ 8. — Traitement d'un motif donné.
Dans la strophe américaine citée plus haut, le même mot se répète bien, mais en s’abrégeant de plus en plus. l’hare devient ’hare, puis ’ahe. C’est l'équivalent de ce que l’on appelle en prosodie ou en musique un rythme « acéphale ». Ce mode de langage est aussi celui de Bee-
thoven, à qui il arrive de reproduire un thème se ΞΞΙ
} en le
réduisant jusqu'à Ξφ ΕΞ. Ainsi à la fin du premier mouvement de
EE
cette cinquième symphonie, on trouve :
Hautbois Bassons Clarinettes , ᾿ν ie }
Autre exemple de répétition très simplifiée (ardante de la première symphonie) :
Le thème initial est
De cette proposition Beethoven ne répète que l’ossature Er en élaguant tous les degrés intermédiaires qui conduisent à ce sommet et en transposant en ré? (sur un rythme d'accompagnement par le quatuor) :
168 LE RYTHME DANS LA MAGIE ET DANS LA MUSIQUE Flûte δ:
ne Clar. bd ES Ce — Se — Ρ-- ἱ Basson ἱ
Dans le rio qui suit un scherzo, on trouve ainsi des anacrouses de quatre doubles croches, simplifiées :
ne ΞΘ ΘΕ
La répétition, en musique, ἃ beaucoup de formes. Elle peut avoir lieu dans une autre tonalité (fransposition) ou dans une autre partie (imitation); elle peut être mélodique (reproduction des mêmes notes) ou rythmique (reproduction des mêmes durées sur des notes différentes) ; intégrale ou fragmentaire. Quand elle est intégrale, elle conserve la même étendue au thème type (vers, phrase ou période) ; mais elle peut se borner à répéter les notes essentielles de la formule en supprimant les notes accessoires telles que broderies, redoublements, notes de passage; elle peut aussi faire l'inverse et introduire ces accessoires là où ils n’existaient pas d’abord. Quand elle est fragmentaire, elle reprend tantôt le début, le milieu ou la fin de la formule : ce fragment une fois choisi, elle le reproduit tel quel, ou bien lui donne un
développement plus ou moins riche.
Voici,dans un autre chef-d'œuvre de Beethoven, l'ouverture de Frdelio, |
un exemple de répétition transposée, fragmentaire, avec un développe- | ment où nous retrouvons les procédés fondamentaux de l’incantation 4 indienne : | Π ἶ ἘΞΞΞΕΈΞΞΞΞΞΞΞΞΈΞΞΞΞΞ — ἔξ βεξξ - Ἐεεεσεῖθε ει Ὸ LA III | Φ TETE = CL 2= PS Ἐξ See === == | | ù #.
e 2 AE = a! ee __ ref : ΞῈΞ se ΞΕΞ ἘΞ ΞΕ ἘΞ. ee = re ΞΞΞΞΞΞΞΞΞΕΞΞΞΞΞΕΞΞΞΞΞΞΈΞΞΞΞΞΞΕΞΞΞΞΞΞΒ ==] | #- - -#- = JE = - Ὁ Ι ἘΞ τἀ ΡΣ ΓΕΘ πὴ ἀντ τὺ... τς