‹ Études de philologie musicale IIIChapitre 87 sur 169 · GAMMES ARABES ET AUTRES · texte numérisé non relu

GAMMES ARABES ET AUTRES

a aussi une gamme de sept sons qui correspond à l'échelle lydienne des Grecs :

Kung Tschang Kio Pien-tsche Tsche Yü Pien-Kung

$ 3. — Gammes arabes et autres.

Il est difficile de dire ce qu’a été (dans la pratique) l’ancienne gamme arabe. Dans leurs livres, les Arabes, calculateurs intrépides, ont poussé très loin la théorie de la musique, mais en l'absence complète d’anciens manuscrits notés, rien ne nous assure que leurs spéculations sur la gamme et sur les modes ont correspondu à des usages réels (1). D'autre part, ce peuple qui a constitué unempire plus grand quecelui d'Alexandre et qui, dès le milieu du vin° siècle, avait quatre capitales (la Mecque en Arabie, Bagdad en Asie, le Caire en Egypte, Cordoue en Espagne), s’est morcelé en subissant l'influence de civilisations très diverses, si bien qu'aujourd'hui les modes arabes, plus ou moins altérés, ne sont pas donnés partout avec la même notation et les mêmes formes. Voici cependant quelques-uns des modes que M. Rouanez signale dans les mélodies qu’il recueille en Algérie et dont le recueil est en cours de publication :

Aârak Remel maïa

a ΞΕ τ Ξεσξε-ο- - -Οid. Sika

Lika ancien Lika (Egypte) Maïa

Pour les Turcs etles Persans, on est allé jusqu'à dire — ce qui est contestable mais significatif — que notre gamme majeure leur avait été empruntée. M. Raouf Yekta, de Constantinople, cite ces trois gammes comme usitées dans la pratique des Orientaux :

(1) Sur ce sujet, cf. le Traité des Rapports musicaux ou Epître à Scharaf Ed- Din, etc... (analyse très détaillée, équivalent souvent à une traduction, du ms. de la B. N. fonds arabe n° 984), par le baron Carra de Vaux (Impr. Nat. 1891), etles ouvrages cités dans cet opuscule. | ᾿ |

Adjem-Achiran.

Il ajoute (1) : « Gui d'Arezzo n’a fait que prendre la deuxième de ces gammes en la transposant sur sol ». Et il propose cette gamme de so/ comme gamme type, universelle.

En Egypte, M. Loret a fait des tentatives hardies, restées sans conclusion — pour montrer, d’après la structure de certaines flûtes, que la gamme de Pythagore était d'origine pharaonique. Mais la gamme heptatone se retrouve dans le reste de l'Afrique. Les xylophones usités au Dahomey donnent la succession

SR tn οὐ ET.

avec une seconde octave consécutive à l’aigu (plusieurs notes étant élevées d’un 1/4 de tonau-dessus des notes de notre gamme). L’anzang, sorte de xylophone portatif, où les lames de bois sont disposées en demi-cercle rattaché par une courroie au cou du musicien, usité dans le Congo français, donne la série :

soit notre gamme mineure de m1 ou notre gamme majeure de sol b (avec la même réserve que pour la précédente).

Le problème est celui-ci : pourquoi sept sons et non pas un autre nombre ?

ὃ 4. — Explications proposées de la gamme à 7 sons.

Certains musiciens se bornent à dire que la gamme de sept sons est la base fondamentale de la musique, parce qu’elle est la seule « logi-

(1) Revue musicale, 15 avril 1908.

Page 1