‹ Études de philologie musicaleChapitre 3 sur 63 · RiEMANN · texte numérisé non relu

RiEMANN

Maître do conférences & l'École normale supérieure {Mètre lyrique tC Horace daprèê le* résuliaU de la métrioue modems, collection Klincksieck, 18o3, p. m

et 7).

Je suis convaincu qu'une intelligence complète de la contexture rythmique des œuvres de nos grands musiciens classiques n'est pas possible sans une étude soigneuse de la rythmique d'Aristoxène ' ; une théorie moderne du rythme n'existe pas.

Si je ne me trompe, cette idée se trouve exprimée dans plusieurs endroits de

1. Cette idée est celle sur laquelle jUnsiste le plus dans la suite. Je rappellerai que J. 3- Bach considérait le langage comme le modèle d'après lequel l'exécutant doit régler Texpression de son jeu. (Voir J.-S. Bach, par Ph. Spitta, t. I, p. 666, et t. II, p. 64).

2. Les termes dont .'se sert ici Riemann sont peu clairs. S'il veut parler d'une pause très courte amenée par la logique même de la phrase, il y a là une idée que j*ai formellement repoussée; cette prétendue nécessité, déjà arfirmée par Westphal, d'une courte pause après chaque membre de phrase, est impraticable, anti-musicale, et de nature à bouleverser toute composition. Une légère pause ne m'a paru admissible qu'à la fin d'une période ; encore, à cet endroit-li; l'enchaînement des phrases et la rapidité du mouvement général rendent-ils quelquefois toute pause impossible. Ce que je demnnde, à la fin du membre de phrase, c'est un simple levé de la main à laquelle est confiée la partie considérée (car toutes les parties n'ont pas nécessairement leur césure à la même place; la musique ressemble ici à l'architecture qui superpose des lignes et des motirs inégalement divisés). Les virtuoses aiment assez ce levé de la main, qui n'est pas sans gr&ce; il s'agit de déterminer les endroits qui lui conviennent.

3. Cette déclaration est curieuse, l'autorité de M. Gevaërt étant considérable, mais elle est éfidemment exagérée. D'excellents musiciens, qui ne sont pas philologues, pourraient protester.

mon livre; mais vous avez eu Timmense mérite d'en poursuivre Tapplicatioa logique. Au reste, depuis que, par la nature de mes fonctions, j'ai été amené à tenir formellement le bâton de chef d'orchestre, j'ai pu mettre à profit les connaissances que j'ai acquises dans le commerce du grand théoricien de Tarente, et j'ai tâché d'inculquer les principes élémentaires de la théorie rythmique à mes professeurs les plus intelligents... Le progrès que j'ai obtenu a frappé tous les artistes.. « Ce progrès, qui a donné une grande notoriété à notre orchestre dans un rayon assez étendu, est dû certainement, comme je le disais tan tôt^ à l'influence de l'esprit antique.

Fr.-Aug. Gevaert,

Directeur da Gonservatoire de Bruxelles'.

Comme les vers grecs ont été, à Torigine, chantés, M. Riemann estimait que toute hypothèse proposée pour en expliquer la forme et la constitution, doit satisfaire aux règles du rythme, demeurées à. peu près identiques dans la musique moderne, et que cette analogie est le guide le plus sûr pour atteindre à une intelligence suffisante des mètres anciens... Il me semblait qu'en suivant cette méthode, il serait aisé de démêler la confusion d'une science que l'abus de la statistique n'a fait qu'obscurcir.

... L'étude de la rythmique est en grande partie hypothétique. L'œuvre des auteurs intelligents nous fera souvent défaut, et nous serons obligés d'y suppléer par des conjectures. Ces hypothèses, cependant, ne seront pas arbitraires, car elles s'appuieront toutes sur ce [principe incontesté que le rythme est le même dans

TOUS LES temps.

Médérig Dijfour,

Maître de conférences à l'Université do Lille. ( Traité de rythmique et de métrique greequee, p. 1,2 et 11.)

Meulaa (Seine-et-Oise), 30 septembre 1896.

Monsieur,

Votre Théorie du rythme^ etc., est extrêmement ingénieuse et intéressante. Tous ceux qui, comme moi, admirent et aiment les vrais classiques, se passionneront certainement pour ou contre elle, et je n'ai pas besoin de lui souhaiter un succès de discussion qui lui est assuré d'avance et qui est le plus enviable des succès.

Si les maîtres dont vous analysez les œuvres avec tant de patiente ferveur pouvaient se prononcer dans le débat, je crois bien que leur première parole serait une parole d'étonnement : étonnement assez légitime en somme (car il est de parfaite évidence que ni Bach, ni Mozart, ni Beethoven, simples musiciens de libre

et iU auraient raison. Qall soit bien entendu que le sentiment musical reste le juge suprême des choses de la musique ; que la doctrine d'Âristoxène (ou plutôt celle que des commentateurs ont dégagée des fragments qui nous restent de lui) ne mérite d^être prise en considération que là où elle s'accorde avec notre sentiment musical ; mais que, dans ce dernier cas, elle permet d'exposer avec méthode et de rattacher à une grande tradition un certain nombre de principes communs à toutes les compositions musicales.

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