‹ Études de philologie musicaleChapitre 33 sur 63 · xarh aiS9TT)(i0L La 1'* 8^ appelait xarà crt/^ov · texte numérisé non relu

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inconsciemment ou non, le compositeur donne à son œuvre des divisions qui ne sont pas autre chose que des systèmes*.

Tantôt le musicien oppose exactement l'antistrophe à la strophe ; tantôt il suit un plan qui, pour être un peu plus libre, n'en est pas moins méthodique : il peut lui arriver, en effet, de donner à l'antistrophe un nombre de périodes ou de kola qui la distinguent un peu de la strophe, bien qu'elle conserve, en général, le dessin mélodique de celle-ci. C'est une symétrie libre ou incomplète. Cette altération de l'exacte ressemblance se produit généralement au milieu, rarement à la fin ou au début du système qui sert de pendant à un autre. On en trouve des exemples dans l'air de la vengeance, de Don Juan (n"* 10), où la première strophe [or sai chi fonore^ etc.) lorsqu'elle se répète après un système intermédiaire,, est augmentée à la fin de deux périodes, l'une à 2 membres, Tautre à 3 ; dans l'air nM8 du Messie de Haendel, où la première'strophe est exactement répétée dans l'antistrophe suivante, mais où celle-ci est précédée d'un kôlon supplémentaire.

La musique instrumentale elle aussi (nous ne parlons pas, bien entendu, d'oeuvres toutes récentes où le rythme est brisé à dessein), est systématique.

§ 2. Les « Suites » de Bach et de HaBndel.

Les systèmes les plus simples et les plus clairs employés par la musique instrumentale, se trouvent dans les danses; on ne saurait mieux les comparer qu'à la construction des chœurs dans la tragédie grecque, tout en constatant qu'ils ont suivi une évolution différente. Les tragiques grecs accouplaient deux systèmes formant une syzygie : le premier système formait la strophe; le second, reproduction exacte du premier, formait l'antistrophe. Dans les tragédies de Sophocle et d'Euripide le chant ne comprend ordinairement pas plus de deux syzygies ou couples de strophes, soit quatre systèmes, que termine quelquefois un groupe sans pendant (épode). Le chœur de Sophocle contient au plus quatre syzygies. Beaucoup plus riches sont les chœurs

1. La division par systèmes est inséparable du chant. Si l'épopée de plusieurs peuples antiques (les Indiens, les Iraniens, les Germains, etc.), a une forme systématique, c'est qu'elle était chantée.

LES SYSTÈMES DANS LES « SUITES » DE BACH ET DE HiENDEL 83

primitifs, ceux d'Eschyle : ils contiennent jusqu'à quatre, cinq syzygies et plus. Dans les danses modernes, le nombre des syzygies va, au contraire, en augmentant, à mesure qu'on se rapproche des modernes : avec Bach et Haendel, il est le plus souvent égal à celui qu'emploient Euripide et Sophocle, alors que les danses plus récentes, par le grand nombre des couples de strophes, font penser à la disposition des parties chorales au temps d'Eschyle.

Considéré en lui-même, le système de la danse est très simple : il se compose de deux périodes rythmiques (période et antipériode) dont chacune a une protase et une apodose : en tout, 4 kola, dont l'ensemble forme une strophe de deux vers.

On trouvera cette structure dans les danses suivantes de Bach et de Hœndel.

Du premier, nous possédons (sous le titre de Suites ou Partita) quatre recueils contenant chacun 6 groupes de danses. La première hexade comprend « six petites suites » appelées aussi « Suites françaises » ; les pièces de ce recueil se distinguent des autres, en ce qu'elles débutent par une danse (une allemande) sans être précédées d'un prélude. — La seconde hexade contient « six grandes suites » appelées aussi « suites anglaises ». L'allemande y est régulièrement précédée d'une pièce avec ou sans fugue, appelée « prélude » par Bach. — La troisième hexade a reçu du maître lui-même le titre de « six parties»; la pièce qui précède l'allemande est tour à tour un « Prélude », une <i Symphonie », une <f Fantaisie », une « Ouverture », un «Préambule», une «Toccata». — H y a enfin une quatrième hexade de suites qui, dans les éditions ordinaires, est publiée avec les autres compositions sans former un groupe à part. — Parmi les quatre Sonates pour piano ^ il y en a deux (celle en la mineur et celle en ut majeur) qui contiennent des danses : la première se compose d'un Adagio, d'une Fugue, d'un Adagio et d'une suite complète (Allemande, Courante, Sarabande et Gigue); la seconde contient un Adagio, une Fugue, un Adagio et une Allemande. — Des « six sonates pour violon seul », la seconde, la quatrième et la sixième (celle-ci avec un prélude) contiennent aussi des suites. — Enfin, les « six sonates pour violoncelle seul» (Bach aime la demi-douzaine!) contiennent des suites de danses, chacune avec un Prélude. Il faudrait ajouter à cette nomenclature, cinq ou six compositions pour plusieurs

instruments. (On le voit, avec sa réunion de danses empruntées un peu à tous les pays, la suite est un curieux exemple de ce que Ton pourrait appeler le cosmopolitisme musical.)

Les seize suites de Hœndel contiennent une même série de danses, représentant les trois genres de rythme : le dactylique (Allemande), l'ionique (Courante et Sarabande) et le trochaïque (Gigue). — Bach et Hœndel enchâssent quelquefois d'autres danses parmi les précédentes : la Gavotte, la Bourrée, l'Anglaise (rythme dactylique) ; le Menuet, la Polonaise, la Loure (rythme ionique); le Passe-pied, le Rondeau (rythme trochaïque).

La construction simple par deux syzygies : aa^ bb se trouve habituellement par la combinaison suivante : Allemande-Courante, Sarabande-Gigue.

§ 3. Les systèmes de la sonate.

La sonate et toutes ses variétés {trio^ quatuor ^ symphonie^ concerto) est, dans toutes ses parties, une musique systématique. Œuvre composite, où sont réunis des éléments d'origines diverses, on peut la rattacher à deux types primitifs principaux : la danse et le chant.

r Le scherzo a le caractère d'une danse; aussi, de toutes les parties de la sonate, est-ce celle où l'on trouve la symétrie strophique la plus étroite. Il contient habituellement 4 syzygies :

1" Syzygie : Strophe A, antisir. A'.

Les 2 derniers groupes (CC, DD'), sont appelés trio. A l'exécution, les strophes sont répétées et disposées selon le schéma suivant :

PÉRIKOPB A :

r« Syzygie : Strophe A, anlistr. A'.

PÉRiKOPE B (trio) :

3* Syzygie : Strophe C, antistr. C.

Reprise partielle des périkopes précédentes

Strophe A"'

— C (appelée Coda).

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