V. les t. II et III de la Paléogr. mus
récriture et ont donné naissance aux accents (p. 123), qui les résuitient. C'était là une simplification provisoire. Les neumes ne sont pas autre chose qu'un retour, sous une forme nouvelle, aux pratiques primitives; il faut voir en eux une réapparition, sur le parchemin, de cette savante mimique des sons dont se servaient autrefois les chefs de chœurs. Tout l'effort de M. Fleischer consiste à établir un lien entre le point de départ de cette évolution qui est la chironomie, la phase de transition et de déclin qui est l'accent et le point d'arrivée ou renaissance du genre qui est la notation neumatique. Dans ce but, il fait appel aux sources d'information les plus diverses : il passe en revue les Hindous, les Hébreux, les Grecs, les Arméniens, etc.. il s'excuse (p. 55) de ne pas savoir le chinois, mais il se dédommage en étudiant une page du livre de Bodoni où l'oraison dominicale a été traduite en 155 langues (Parme, 1806)...
Nous n'entrerons pas dans l'examen détaillé de cette doctrine et dans la discussion des textes où elle prétend trouver un appui ; nous nous bornerons à deux observations. L'idée principale du livre de M- Fleischer n'est point nouvelle; il y a, nous venons de le montrer, tout un chapitre de la Paléogaphie qui lui est spécialement consacré; et puisque M. Fleischer en fait la base de son travail, il eût été juste de citer les Bénédictins qui en 1889 ont soutenu la même thèse, avec plus de mesure il est vrai, et sous une forme moins choquante. En second lieu, toute cette érudition encyclopédique nous paraît inutile, comme nous espérons le prouver ».
1. Voici quelques notes qui montreront à M. F. que, malgré mon opinion bien arrêtée sur l'inutilité de son entreprise, je Tai pourtant lu avec attention.
P. 3. En plaçant au x« siècle l'auteur de la Musica enchiriadiSy et, plus loin, en enlevant à Hucbald la paternité de ce Iraité, il eût été juste de dire que c'étaient là les conclusions du beau travail de A. MuUer (Hiicbalds echle und uneckte Schriften, etc., Leipzig, 1884); d'ailleurs le plus ancien manuscrit de la Mus, ench. n'a pas encore été trouvé. — P. 12. L'auteur prend au sérieux la polémique de Kiesewetler et de Fétis au sujet des « neumes lombards » que Fétis affirmait (Gazette musicale du 5 fév. 1843) avoir découverts, pendant son voyage en Italie, dans le trésor de l'église de Monza. Or, Tunique Graduel conservé dans le trésor de Monza ne porte aucune trace de notation ; ces « neumes lombards » sont une pure invention de Fétis qui a paifois imaginé lui-même les preuves dont il avait besoin. — P. 16. M. F. dit qu' « en 1829 », Pertz a reproduit dans ses Monumenta Germaniœ, « t. VII, p. 534 », un fragment de l'Antiphonaire de Saint-Gall; à l'endroit indiqué, on trouve... cinq fac-similés des divers manuscrits du Chronicon Casinense de Léo Marsicanus; en outre, ce volume VJI est de 1846. C'est le deuxième qui a été publié en « 1829 ». — P. 29. Dire d'après Xénophon (Anab, Z'), qu'une fois {Hnmal), au Ôours d*une danse guerrière, « un jeune homme fut blessé mortellement et dut être emporté »,. c'est prendre