‹ Études de philologie musicaleChapitre 60 sur 63 · FLEISCHER — P. WAGNER · texte numérisé non relu

FLEISCHER — P. WAGNER

— Je signalerai enfin comme ayant accepté la doctrine des Bénédictins sur l'origine des neumes, M. Peter Wagner, professeur à l'Université catholique de Friburg et auteur d'un livre excellent, qui sera bientôt traduit en français : Einfûhrung in dieGregorianischen Melodien^ (Friburg, Schweiz, 1895)*.

pour un accident réel ce que Xénophon rapporte comme une simple mimique habituelle à

ce genre de danse. Voici, en effet, le lexte grec :... xiXoç U ô iTcpoç tÎ)v fiepov îcafEi, d>ç «aoiv

266x£t 9ceicX?}Yévai tbv âvSpa* 6 $*?7CEae rg/^vtx&c :cci)c..., -rbv ^xspov IÇ^fepov 6>i T£0vT)x6Ta, 9Jv $è Mh

7:£i:ov3c&ç. — P. 57, il fant lire 7cpoa<î>86î (et non jrp6oi»>5oç) ; p. 79 : tÇ> (et non tw); p. 73 (n. 4)

ouve^iiç (et non -y^ii), BtaaTTjpLaxixi^ (et non -xr)); p. 84, 'Ap/i^ (et non -/^ij); p. 29 (note 4)

/eipovopi'aiç (et non -[i{a) ; p. 55, Parn'X (et non -ma), — P. 77, n. 2 : « Isidore de Séville a

vécu de 560-636 ». Passe pour 636 1 bien qu'on lise dans Aligne la phrase suivante de J.-B.

Perez : « De anno marlis Isidori in quo rairum est quam varient inler se hispani

historici, etc. » (Migne, t. LXXXI, p. 17); mais pour la première date, un « circiter » ne

serait pas déplacé (v. /d., ibid., p. 141). Dans leurs Lexiques musicaux, Mendel et Riemann

di>ent « um 570 ». — P. 98, n. 2 : le « Musicse activas micrologus » d'Ornithoparchus est cité

comme étant de l'année 1519; la Bibliothèque nationale de Paris possède un exemplaire

de cet ouvrage où je lis en toutes lettres (p. 179) la vraie date : 1517 (déjà signalée par

Fétis corrigeant une erreur de Forkel). — Ibid. : YEnchiridion utriusque musicœ, etc.. de

Rhau, signalé comme « sans date », contient une préface datée de 1520. — Ibid, : Les

Erotemata de Lucas Lossius sont de 1563 et non de « 1590 ». — P. 112. La référence au t. I

•de rédilion de Saint-Bernard par Mabillon est inexacte; c'est « p. 707 » qu'il faut lire (et

non 691). En outre, M. F. écrit « maniera » au lieu de maneria qui est d*abord dans Saint-

Bernard, ensuite dans du Gange et les autres lexiques. — P. 91 (n. 1),77 (n.4), 27 (n. sur Mart.

€apella), 92, etc., etc., des textes importants sont cités sans indication de la source. —

Dans les nombreuses citations qu'il fait des Scriptores de Gerbert, M. F. respecte peu le

exte et le corrige plusieurs fois sans avertir le lecteur : p. 6, il écrit agnoscat (au lieu

d'-ci/); p. 7, perfecte (au 1. de -ta); p. 78, sint (au 1. de sunt) ; p. S^y pei'çunt (au lieu de

pei-gant); p. 3, je relève un barbarisme qui n'est pas dans G. : repicias. — Pourquoi écrire

«f Odon de Clugny » (p. 85, 112 et à l'index) après avoir écrit comme il convient « Gluny »

(p. 5). — P. 8 : Qu'est-ce que Tabbaye de « Ripouille » ? Il est difficile de reconnaître là

un nom catalan ; il eût fallu écrire Ripoll, ou, comme D. Jumilhoc, Ripouille. — P. 87 : Le

Dizionario e bibliografia délia musica de Lichlental est de 1826 et non « 1836 ». — P. 90 et

91 : il est étrange de dire que chez les Grecs de l'antiquité (die Allen Griechen^ expression

bien vague!), les règles du Pmuma formaient tout un système : «Die Lehre von Pneuma

(sic) war schon bei den Allen scharf geprœgt imd reich ausgebildet, » Pour appuyer ce

paradoxe, l'auteur cite une définition du mot irveupia par... Hermogène de Tarse qui est du

n* siècle après J.-G. (Il aurait dû d'ailleurs, après sa citation, indiquer une source comme :

Rhet. gr,, Spengel, II, 243.), etc.

1. Les seules criliques que l'on puisse adressera ce savant et utile travail, c'est que l'auteur s'appuie sur des preuves très fragiles lorsqu'il nie les relations duplain-chantavec la musique gréco-hébraïque (p. 11-12) et qu'il rejette, sans justifier suffisamment sa doctrine, la théorie traditionnelle des 8 modes.

J'ajouterai quelques remarques de détail : p. 81, M. W. attribue à Adam de St- Victor, la forme « métrique » des séquences. Une note bibliographique serait au moins nécessaire pour dire ce que l'auteur entend par « poésies d'Adam de St- Victor ». En tout cas, le mot rythmique serait ici le mot exact (V. la note 5 de la p. 314 dans les Œuvres poétiques d'Ad. de St-V,, texte critique publié par Léon Gautier, 3« édition, 1894). — P. 101, le Quilisma est considéré comme une sorte de trille (eine trillerœhnliche Verzierung) ; cette

§ 4. Essai d'une explication nouvelle.

Parvenus au terme de ces promenades archéologiques à travers le plain-chant, jetons un coup d'œil, avant de conclure, sur le chemin parcouru.

Sur l'esprit de la plupart des musiciens que nous avons passés en revue, les problèmes du plain-chant ont exercé une sorte de fascination. Jusqu'à ces dernières années, nous les avons vus, l'un après l'autre, entreprendre de réaliser ce rêve de l'archéologie musicale au xïx* siècle : la restauration de l'œuvre de Saint-Grégoire; l'un après l'autre, nous les avons vus s'engager dans ce redoutable travail, se flatter d'un succès décisif, et, finalement, succomber sous le rocher de Sisyphe dont ils avaient chargé leurs épaules. Les Fétis, les Nisard, les Coussemaker on fait successivement des déclarations qu'on peut résumer ainsi : « Je m'occupe depuis trente ans de déchiffrer les neumes et de reconstituer les mélodies grégoriennes; je suis enfin parvenu au terme de mes efforts; un ouvrage spécial fera bientôt connaître, etc.. »; et l'ouvrage spécial ne paraissait jamais.

Une des causes de ces échecs répétés a été l'ignorance ou la négligence des manuscrits. Les sowres ! encore les sources! toujours les sources ! a dit un des maîtres de TÉcole des Chartes. L'archéologie musicale n'est devenue une science que le jour où elle s'est appropriée cette règle. Cette transformation, dont on peut suivre les commencements et les progrès depuis les chimères de la première heure, a été

définition esl inexacte. Le Quilisma indique généralement trois notes formant un intervalle de tierce ; voici, d'ailleurs une définition de Jean de Mûris : « Quilisma dicitur curvalio, et continet notulas 1res vel plures quandoque ascendeiis et iterum descendens, quandoque e contrario » Summa musicw, ch. vi, dans Gerbert, HI, 202). 11 n'y a là rien qui se rattache à ridée de trille. — P. 127, n. 4. M. W. déclare « vraisemblable » l'opinion soutenue en 1888 dans la Revue de Vart cUrétien (p. 333 et suiv.) par D. Germain Morin et d'après laquelle Gui d'Arezzo serait né à Paris. Avec une bonne foi qui lui fait honneur, Dom Morin a abandonné lui-même cette opinion paradoxale (/l'^VMe Bénédictine du !•' sept. 1895, pi 395) ; elle reposait sur ce fait que les manuscrits de Saint-Maur des Fossés attribuent une réforme musicale, en apparence identique à celle de Gui d'Arezzo, à un « Guido de Sco Mauro », nom sous lesquels plusieurs manuscrits anglais donnent les traités de Gui d'Arezzo ; mais ce Guido de Saint-Maur a vécu certainement au xii« siècle ; il est peut-être identique à ce « Guido Augensis » (?) qui a écrit le traité dédié à Guillaume abbé de Rievaulx. — Il faut lire p. 73 : audientium au lieu de awientium; p. 168, eumdem cantum finiunt » au lieu de « eundum, etc. » qui fait non-sens; p. 126 : CorbeUj au lieu de « Corbeille ». — P. 233 : je m'étonne que M. W. considère la musique de la première Pythique, donnée par Kircher, comme un document sur l'antiquité.

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