‹ Études de philosophie ancienne et de philosophie moderne [microform]Chapitre 85 sur 105 · Anal., post. I, 2, 71, B, 33. — Phys., I, 1, 184, A · texte numérisé non relu

Anal., post. I, 2, 71, B, 33. — Phys., I, 1, 184, A

6 Die philosophie der Gnechen, Dritte Auflage (Leipzig, 1879), zvveiter Theil, zweite Abtheiluag, p. 169, 798, etc. — Voici comment Zeller exprime la différence du point de vue de Platon et de celui d'Arislote sur la question qui nous occupe : « Wàhrend Plato dadurch zur Idée hinfûhren will, dass er den Blick von der Erscheinungswelt abkehrt, in der seiner Meinung nach hôchstens eine Abspieglung der Idée, nicht dièse selbst, angeschaut wird, so besteht nach aristotelischer Ansicht die Erhebung zum Wissen vielmehr darin, dass wir zum allgemeinen der Erscheinung als solcher vordringen; oder sofern beide die Abstraktion vom unmittelbar Gegebenea

Platon sur le fond des choses, et on peut dire également qu'il renverse la doctrine de son maître et qu .1 la complète. Il est vrai aussi qu'il est malaisé de concilier ses affirmations lorsqu'il dit que l'universel n'est jamais réel, et que pourtant la science, qui cherche l'universel, a pour objet le réel , on ne sait pas bien non plus comment, si la forme est 1 universel, elle peut être en même temps la substance ^ Mais, quel que soit sur ce point le fond de sa pensée, il est certain que c est de l'expérience qu'il fait sortir les concepts, et que, s ils sont pour lui autre chose que la réalité sensible, ils expriment du moins cette réalité et ne lui sont point étrangers. On voit bien l'importance qu'il attache aux données des sens a la manière dont il néglige les objections dirigées contre la perception par Parménide et Démocrite '.

La formation des concepts est la première opéra ion que suppose la logique, le premier stade de la pensée logique; mais nous ne sommes encore ici qu'au seuil de la og.que. S intimement que les destinées de la logique soient liées a la solution de cette question, c'est au psychologue ou au métaphysicien qu'il appartient de la résoudre. Il ne s agit jusqu .ci que de généralisations ou d'inductions; et tant que dure 1 induction, la vraie logique n'a pas commencé.

Mais, une fois en possession des concepts, 1 esprit les combine, les compare, les sépare, les dissocie. Déco-^vrant entre eux des ressemblances ou des identités partielles, il établit toutes sortes de rapprochements qui sont la mati re des jugements. Ici, il règne sans partage; ou, s il obei a une loi c'est seulement à la loi essentielle de toute pensée, le principe

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LA LOGIQUE DE J. STUART MILL

de contradiction. Il ne relève plus, du moins directement, de l'expérience : il travaille pour son propre compte, sur des données qui sont bien à lui. Voilà le domaine propre de la logique formelle. La vraie logique ne commence que quand l'esprit s'est entièrement affranchi de la réalité sensible, de même qu'il n'y a de vraie morale, suivant Kant, que quand tous les motifs empiriques ont été écartés.

Si les données de la logique sont des concepts correspondant à la réalité, il n'y a pas à craindre que l'esprit, en les rapprochant d'après la loi d'identité, se mette en opposition avec les faits : car la nature apparemment obéit à cette loi, comme l'esprit lui-même. On peut bien concevoir que les opérations par lesquelles la pensée se représente le monde ne correspondent pas trait pour trait aux combinaisons réelles qui se font, pas plus que les éléments dont elle se sert ne sont les copies des phénomènes. Les philosophes qui ont le moins séparé l'esprit et les choses, la pensée et le monde, Descartes et Spinoza, ne vont pas jusqu'à prétendre que notre science soit toujours exactement conforme à la logique de la nature. Descartes, faute de connaître l'ordre réel des choses, nous recommande « de supposer de l'ordre entre les objets qui ne se précèdent point naturellement^ »; pourvu que la déduction soit rigoureuse, la science ne perdra rien de sa valeur. Spinoza répète bien à plusieurs reprises que « l'ordre et la connexion des idées est le même que l'ordre et la connexion des choses- »; mais notre science peut atteindre la vérité sans correspondre exactement à l'ordre des choses : tt Par exemple, pour concevoir la formation d'un globe, je conçois à mon gré une cause quelconque, savoir un demicercle tournant autour de son centre et engendrant ainsi un globe; sans aucun doute, c'est là une idée vraie, et quoique nous sachions que dans la nature aucun globe n'a été produit de cette façon, cependant cette perception est vraie, et nous avons conçu une manière très facile de former un globe*. »

Quoi qu'il en soit, il est certain que cette opération réussit en logique comme en mathématiques, au moins avec une

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