‹ Etudes de philosophie grecque et latineChapitre 12 sur 18 · XI · texte numérisé non relu

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par exemple^ quand Têtre, de blanc qu'il était, devient noir ; ou bien dans la catégorie de la quantité, par exemple, quand Tètre d'incomplet qu'il était devient complet ; ou bien, enfin, dans la catégorie du lieu, par exemple, quand Têtre léger va de bas en haut (i). Dans chacun de ces exemples, Tun des deux termes est le contraire de l'autre. Tout mouvement, en effet, est le passage d'un contraire à un contraire (2). Le sujet dans lequel s'accomplit le changement, persiste ; c'est lui qui, d'un contraire, devient l'autre (3). Mais s'il devient l'un des deux contraires en acte, c'est qu'il était déj^ ce contraire. en puissance. Et ainsi» tout mouvement a lieu de la puissance à l'acte (4). Mais le mouvement ne doit être confondu ni avec la puisstoce ni avec l'acte. Parmi les êtres, les uns sont purement en acte, les autres purement en puissance, d^autres à la fois en {puissance et en acte. Ces derniers sont les êtres en mouvement (5). L'être" en mouvement n'est déjà plus une pure possibilité, mais il n'est pas encore une réalité achevée. La construction est un mouvement qui fait passer la maison de la puissance à l'acte. Tant que dure la construction, une partie de la maison est déjà réalisée et par conséquent en acte; l'autre partie n'est pas encore réalisée et en acte ; mais elle le sera, elle peut l'être, elle est donc encore seulement possible. Ainsi la maison en construction est à la fois actuelle et possible ; son actualité est donc l'actoalité d'une chose possible. Mais elle n'est pas encore en

(4) Mélaph,, XI, 9; Phyê.,i\l,\.

») W^/iipft., XI, 40, 6; XII, 2.

(3) Ibid., IV, 8î XII, 2.

(4) Ibid., XII, 2.

* (5) Ibid , XI, 9.

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acte^ puisqu'elle n'est pas achevée et qu'il reste e&fiore m elle de la possibilité (I). Donc le mouvement n'esl ni k puissance ni Tacte du mobile ; il tend de la puissance i Tacte. Ainsi le mouvement est la chose possible en traiDj en chemin de devenir réelle ou actuelle. C'est racheminaf ment du possible vers la réalité (S). On peut donc défiinir le mouvement : Tactuaiité du possible^ en tant qu'il est encore possible (3). C'est un acte incomplet. Quand il cessera d'être incomplet, il sera* l'acte lui-même^ mais i( ne sera plus le mouvement. L'acte est la fin, l'achèyem^it^ le repos (4).

Tel est le mouvement en général. Or^ y a-tril plusieiut eqpèces de mouvement, et s'il y en a plusieurs^ coniment diffièrent- elles! Sont-cè les oppositions de l'être et da%ooètre qiii déterminent les diverses espaces de mouveiAent? A ce point de vue^ le monventent ne pourrait être envisagé que des quatre façons suivantes ? ou bien le niouvement a lieu de Tètre à Tëtre; ou bien du ncm-ètre au non*ètre; ou bien du non-ètre à l'être ; ou bien de l'être au non-être. Le mouvement du non -être au non-être n*en est pas un, car les deux termes ici ne sont pas le contraire Tan de l'autre^ et ne sont rien . Le mouvem^it du non<-êtrQ à l'être n'est pas non plus un mouvement s ce qui n'est pas ne passera jamais d'un état à un autre^ et c'est pourquoi il n'y a pas de génération absolue. Le mouvement de l'être au non-être ne se comprend pas davantage : le non*être, qui n'est rien^ qui n'occupe aucun lieu^ ne saurait être le

(4) Métaph., XI, 9; Phys., III, 4.

(2) Mdtaph., ÎX, 6.

(3) Ibid., X!, 9.

(4) Ibid., IX, 0.

DEUXIÊMB tTUOB. t«

tlKlBe da mouvement, qui doit toujoun s'opérer d'un point i mi autre de Tespace ; aussi n'y a-t-il pu de destmetion absolue. On le voit^ il n'y a qu'un seul mouvement qui se poisse effectuer et comprendre ; c'est le mouvement de l'être à Tètre^ d€ ce qoi est sujet à ce qui est sujet (i).

Mais le mouvement va nécessairement du contraire au éontraire (S)> et Tëtre n'est pas le contraire de l'être, la substance n'est pas le contraire de la substance. Ce n'est donc P9S absolument de la' substance à la substance que se fera le mouvement (S), mais bien de tel mode de l'être ou de la substance au mode contraire^ par exemple de l'être en puissance i l'être en acte, de la forme à la privation de la forme, en un mot, d'un contraire i l'autre, dans l'une des catégories de l'être (4).

A ce nouveau point de vue, il semble que le nombre des e&pèees du mouvement doive égaler le nombre des Gatég6«^ ries. Cependant il n'en est pas ainsi ; le mouvement ne se produit que dans les quatre catégories de la substance, de h qualité, de la quantité et du lieu (5). Le changement dim$ la catégorie da la substance, c'est la génération et la destrnction, non pas au sens absolu, mais en ce sens Doiquement que la subi^tance naît quand elle passe de la puissance a l'acte. Le changement dans la catégorie de la quantité, c'est l'accroissement et le décroiesement. Le tbangement dans la catégorie de la qualité, c'est l'altération. Enfin, le changement dans la catégorie du lieu,

(<) Métaph,, XI, K\ ; PAy«., V, 1.

{%) Métaph,,\\, 6, 40;Xn, 2.

(3) Métaph., XI, 42 ; Phys., V, 2.

[k) Méîaph.\\,^\W\,% (5) Ibid., XII, 2;XT, 4?.

|c*e5t la translation (4). Le changement est impossible dao! les antres catégories^ parce qu'il ne s'y rencontre pas ai contraires (î).

Voyons en quoi diffèrent essentiellement les quatre espèces de mouvement que nous venons d'énumérer.

Et^ d'abord> revenons sur les caractères de la génération et de la destruction. La génération n'a pas pour point de départ le non- être, parce que le non^ètre est une pure négation, et que, si quelque chose en vient, il naiitra du néant. Or, rien ne vient du néant. Tout ce qui naît provient d'un être antérieurement existant et en acte (3). Et ce qui devient est toujours une substance, c'est-à-dire la réunion d'une matière et d'une forme. Mais la substance, la réunion de la matière et de la forme, c'est ce qui constitue l'être, car c'est pat là que l'être se définit (4). Ainsi, A^qui caractérise la génération, c'est que, dans ce changement^ la substance, l'être qui préexistait, ne demeure pas, mais est remplacé par une autre substance, par un autre être. 11 y a génération^ par exemple, quand toute la semence se change en sang, ou toute l'eau en air^ ou tout l'air en eau, parce que, dans chacun ie ces changements,.il y a vraiment production de l'un des deux termes et destruction de l'autre (5). La matière qui a servi de sujet au changement demeure^ il est vrai (ê); mais la forme a changé, la substance est nouvelle, l'être est autre et nou-

0) Mét.y XII, 2; XI, 42; Phyg.,\, «.

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