‹ Etudes de philosophie grecque et latineChapitre 3 sur 18 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

OU moins, le commencement de la théorie récent^ et parce que celle-ci est toujours, plus ou moin3 la négation, la reprise ou la continuation de quel que ancien système.

Cette union naturelle du passé et du présent e^ d'un grand secours pour ceux qui la connaissent ei s'attachent à la maintenir. Nous en faisons, quani à nous, fréquemment l'expérience au Collège de France, où notre intelligent auditoire a toujours reconnu sur-le-champ, dans les systèmes antiques, les questions qui préoccupent en tout temps les âmes sérieuses, et s'y est par là même vivement intéressé. Nous serions bien heureux et largement récompensé de nos efforts, si les mêmes motifs attiraient la même faveur sur ce livre, dont les trois premières parties reproduisent, condensée et épurée, la substance de nos cours pendant les années 'î8o9, 1860 et 1861.

Au reste, le lecteur apercevra facilement qu^outre l'intérêt propre à toute discussion philosophique, ces Études en présentent un autre. Des mesures, libéralement abrogées par M. le Ministre actuel de l'Instruction publique, le lendemain même de son avènement, avaient jeté, pendant ces dernières années, un funeste discrédit sur l'enseignement de la philosophie. La science de l'âme et de Dieu, tombée en disgrâce, avait vu s'éloigner d'elle non-seulement une notable partie de la jeunesse, mais en-

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eore des intelligences moins ioexpérimentées que ia noble cause de la philosophie aurait dû trouver plus fidèles. Cependant l'abandon ne fut pas universel. Une imposante réserre d'amis de la pensée resta sous les armes, ou du moins soutint par sa ferme attitude ceux qui combattaient sans défaillance tantôt des systèmes dangereux, tantôt des erreurs juvéniles, em])ressées de prendre la place de la doctrine qu'elles estimaient délaissée ou morte. Ces hommes studieux continuèrent d'assister aux cours de la Sorbonne, du Collège de France et des Facultés de la province, quel que fût le sujet que le professeur eût entrepris de traiter. Cependant, certaines questions ont paru captiver plus fortepient leur attention persévérante, peut-être I»rce qu'elles entraient davantage dans le courant des idées actuelles, tant religieuses que scientifiques. Parmi ces questions, il faut placer au premier rang les suivantes :

V L'âme pensante connait-elle , accomplit-elle, dirige-t-ell^ tous les actes qui ont pour but et pour effet de former, de réparer sans cesse, de conserver son corps et de le reproduire? En d'autres termes, qu'y a t-il de vrai, qu'y a-t*il de faux dans les diverses théories qui se rangent sous te nom commun à' Animisme?

2'' A côté de la science de l'âme, de la science de Dieu et du groupe de sciences qui se rattachent à

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