XIV PRÉFACE
elle renonce à en rechercher rorigine : et si, d'ai tre parl^ elle se persuade que cette intelligence cet art résident substantiellement dans le grain sable et le brin d'herbe, pourquoi Thomme, en qn l'intelligence est aussi étidente qu'elle l'^t peu daial la plante et le coquillage, est-il donc dans une impuissance absolue decréerunesimple feuilled'arbrel Ainsi l'intelligence,qui est le principe de l'homme e( du monde, n'estni l'intelligence humaine, ni l'intel*
ligence d'aucun être créé quel qu'il soit. Cette intelligence, la raison la proclame infinie en vertu d'une induction immédiatedontlepointde départ est la conscience psychologique de notre propre faculté de connaitrcv Donc, que Tàme humaine aille aux causes secondes ou qu'elle monte à la cause première, c'est d'elle-même comme centre qu'elle rayonne. Noos louerons, dans cet ouvrage, Arislote et Plotin de n'avoir pu concevoir le monde sans un Dieu intelligent qui le domine ; mais on verra ce qu*est tour à tour devenue leur théodicée, c'est-à-dire leur doctrine de la cause première, selon qu'ils ont écouté ou dédaigné les avertissements de la science de l'âme.
La question des genres et des espèces touche en même temps à Dieu, à la nature et à notre entendement : à Dieu qui, sans doute, a mis l'ordre dans le monde ; à la nature, où les genres et les espèces semblent, du moins jusqu'ici, durer ou périr, mais non se mêler; à notre entendement lequel, malgré
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l'ii en ait, croit à la stabilité des lois de la nature, probité est donc, Thistoire le prouve, au nomdes plus compliqués, des plus obscurs et des \s difficiles. N'est-ce pas un fait considérable que moyen âge, représenté par Abélard, ait emprunté foyer de la psychologie les premières clarté qu'il jetées sur ce ténébreux sujet?
Enfin, et pour dire un mot de la question par laquelle s'ouvrent ces Études, comment savoir si l'âme [pensante est Touvrière du corps qu'elle habite, si- Bon par une interrogation délicate^ assidue, profonde du sens intime? Admettons en outre, comme Ta pensé M. de Rémusat dans son beau mémoire sur les Facultés inconnues de Vâme, qu'à l'observation directe il convienne ici d'ajouter l'induction, encore faudra- t-il que cette induction allant de Tâme consciente à Tâme inconsciente, prenne pour point d'appui le témoignage du sens intime. Et, en effet, nul ne conteste cette évidente nécessité.
Ainsi ces Études, quoique diverses, ont un lien commun : toutes, elles aboutissent plus ou moins explicitement à cette conclusion que la psychologie est la condition, nous ne disons pas unique, mais première de l'existence et des progrès de la philosophie, entendue surtout comme science des causes. Nous n'avons certes pas la prétention d'offrir cette conclusion comme un principe nouveau . Mais des raisons qui frappent tous les yeux exigent que ce