XVI PRÉFACE
principe soit en ce momenl mis en pleine évidéno et; énergiquement maintenu. La philosophie aspiij de nos jours à s'agrandir. Elle tend la main à 1 physiologie, à la physique, à la chimie, à rhistove naturelle, parce qu'elle éprouve le noble et lé^itim désir de redevenir la science des sciences. Il n'y; pas à entreprendre d'arrêter ce mouvement doq rheure est décidément arrivée et qui paraît désor mais inévitable ; mais il importe de le régler. Il n( faut pas qu'en se rapprochant des sciences voisines la philosophie se laisse absorber par elles. Celles-ci< dans le traité que Ton cherche à conclure, se feraient volontiers la part du lion. Chacune de ces sciences a ses flatteurs qui l'enivreut d'encens et lui disent, en termes exquis, qu'elle est tout et qu'elle peut tout. Comment résister au charme d'un tel langage? Et comment, quand on se croit roi dans le monde de la vérité, ne pas confondre ingénument les amis qni ne font qu'offrir leur concours avec des sujets qui s'inclinent et se livrent? La philosophie se doit à elle«mèmo de n'oublier jamais et de rappeler à ces jeunes royautés triomphantes, d'abord que tout pouvoir humain est borné, et puis ensuite que si le même esprit aperçoit le visible et connaît l'invisible, ce n'est pas par les mêmes yeux.
Nous n'ignorons pas qu*on nie l'invisible . Cette vieille négation se renouvelant de nos jours a ramené, comme on sait, le matérialisme, avec toutes