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acte de préhension; lorsque la substance rencontrée

vue ou touchée, est d’une autre nature, le Microorganisme n’exécute pas le même acte. Voilà le fait ; quant à l’interpréter, nous en sommes incapables.

D’après M. E. Maupas, si certains Infusoires se nourrissent exclusivement de telle espèce, c’est que leur appareil buccal ou leur appareil préhenseur les rend incapables de se nourrir d’espèces différentes, présentant une autre enveloppe tégumen-

LA VIE PSYCHIQUE DES MICRO-ORGAjSISMES 167

taire. La question est de savoir si cette explication convient à certains cas, comme cela nous paraît vraisemblable, ou si elle est au contraire tout à fait générale. Nous avouons que l’hypothèse de M. Maupas ne nous explique pas comment un Infusoire chasseur qui décharge des trichocystes, comme le Didinium, attaque le Paramæcium aurelia et non le Paramæcium bursaria.

Il est possible que certaines espèces attirent les organismes qui en font leur nourriture au moyen d’une excitation physique ou chimique.

Les recherches de Pfeffer, dont nous parlerons plus loin, donnent un certain appui à cette hypothèse.

3° Estimation du point occupé par le corps extérieur. — C’est un fait général que les Micro-organismes ne perçoivent pas seulement les corps extérieurs, mais qu’ils indiquent par leurs mouvements une connaissance exacte du point occupé par ce corps. On pourrait dire qu’ils possèdent touiours un sens de la position dans 1 espace. La possession de ce sens leur est d’ailleurs absolument indispensable, car il ne peut leur suffire de connaître la présence d’un corps extérieur pour arriver à s’en rapprocher et à le saisir ; il faut en outre de toute nécessité qu’ils connaissent sa position pour diriger leurs mouvements.

La forme la plus simple du sens de la localisation se rencontre dans l’Amibe, qui, lorsqu’elle englobe une particule nutritive, émet toujours ses pseudo-

podes précisément sur le point de sa masse où le corps étranger a produit une irritation. La forme la plus complexe de la localisation se trouve chez le Didinium que nous avons tant de fois cité ; le Didmium perçoit exactement la situation de la proie qu’il poursuit, puisqu’ill’ajuste comme un chasseur, et la transperce de ses flèches urticantes. Entre ces deux espèces, nous trouvons tous les cas intermédiaires de localisation des perceptions.

Il existe cependant des doutes sur la question de savoir si les Proto-organismes perçoivent immédiatement la direction et la distance des corps extérieurs, ou s’ils n’arrivent à s’en rapprocher que par des tâtonnements successifs. Les observations que nous avons recueillies ne tranchent pas la question.

4“ F hase motrice. — Nous passons maintenant à la phase motrice. Les mouvements que font les Micro-organismes comme réponse à une excitation ne sont pas le plus souvent de simples mouvements réflexes, ce sont des mouvements adaptés à une fin. Nous ne saurions assez le répéter, ces mouvements ne s’expliquent pas par le simple phénomène de l’irritabilité cellulaire.

Tout d’abord, ils varient avec l’excitation ; telle excitation reçue amène exactement telle réponse motrice ; un corps situé à droite ne détermine pas le même mouvement qu’un corps situé à gauche ; un corps de nature alimentaire ne provoque pas les mêmes actes qu’un corps d’une autre nature. Tout cela suppose que des associations se sont orga-

nisées dans le protoplasma entre certaines excitations et certains mouvements. Quant à expliquer la nature physique de ces associations, c’est ce qui nous paraît totalement impossible.

Les idées fort ingénieuses émises par M. Spencer sur les lignes de moindre résistance offertes par les fibres commissurales ne sauraient s’appliquer ici, puisque tout se passe dans une cellule unique; ce qu’il faudrait expliquer, c’est comment et par suite de quelle structure une forme de mouvement moléculaire correspondant à une excitation donnée est suivie par telle autre forme de mouvement moléculaire correspondant à un acte également déterminé.

PSYCHOLOGIE EXPÉRIEEXTALE.

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