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L INTENSITÉ DES IMAGES MENTALES

auront pour effet de donner un coup de fouet à leur imagination; on sait, du reste, que pour un certain ordre de crimes, Fimagination a autant et plus de place que les sens. On comprend ainsi comment il peut arriver que Fauteur de l’attentat ne cherchera pas le silence et l’isolement pour commettre son crime ; dans le silence et dans l’isolement, son imagination serait paresseuse, et, par conséquent, son crime manquerait de saveur; il préférera faire comme cet instituteur, dont l’histoire nous revient à l’esprit, et qui commettait son attentat pendant la classe^ derrière son bureau. Ces monstruosités s’expliquent, à notre avis, par des raisons psychologiques : ces sujets comprennent d’une façon plus ou moins consciente l’influence que les excitations périphériques exercent sur les images mentales.

3. — Nous venons de voir deux causes de dynamogénie de l’image : la suggestion, c’est-à-dire l’association des idées, c’est-à-dire une excitation localisée, et l’excitation périphérique, c’est-à-dire une excitation diffuse. En voici une troisième, qui ne paraît pas rentrer dans les catégories précédentes.

On sait que la réflexion est accompagnée d’une expression spéciale de la physionomie, qui a pour principal caractère le rapprochement des sourcils vers la ligne médiane.

Nous n’entrerons pas dans l’analyse de ce mouvement, dans lequel concourent plusieurs muscles,

le sourcilier et le palpébral supérieur. On peut par suggestion fixer chez un sujet en somnambulisme ce rapprochement des sourcils; si la suggestion a été donnée d’une façon convenable, elle survit pendant 1 état de veille. Voici alors ce qu’on observe. Le sujet paraît éveillé ; quelquefois, comme chez W..., il se sent en colère. Si on le prie de serrer au dynamomètre, il donne un chiffre qui est plus elevé que son chiffre normal; quelquefois l’augmentation de puissance motrice est considérable. Si

on mesure son temps physiologique de réaction, comme nous l’avons fait au moyen des procédés aussi simples qu’élégants de Jastrow, on trouve une diminution; le temps s’est raccourci. Tous ces effets peuvent être mis en rapport avec l’attention intense qu’on a suggérée à l’hypnotique ; et pour e ire en passant, on trouve dans cette expérience un moyen des plus commodes pour l’étude physioogique de i attention. Les images mentales participenta cette dynamogénie générale. Une simple idee indiquée sans insistance à l’état de veille vien ans ces conditions, une suggestion rapiemen executee. On peut aussi constater que la mémoire s étend. ^

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