IV. — La sensibilité au toucher
Le sens du toucher est complexe et se décompose en plusieurs sens; nous n'avons exploré jusc|u'ici que le toucher proprement dit. Toute la peau du corps devrait être examinée â l'esthésiomètre; on constaterait alors, comme j'ai pu le faire dans des expériences préliminaires, qu'il y a une sensibilité plus affinée dans l'une moitié de Torganisme, et qu'un point quelconque du tégument du côté favorisé est plus sensible au contact que le point correspondant de l'autre moitié du -corps.
Nos explorations systématiques chez les sujets qui ont pris part aux expériences précédentes ont porté sur la peau des mains.
Je me suis servi de Testhésiomètre ou comi>as de Weber. Le sujet posait à plat sur une table la main droite d'abord; il détournait la tête de façon à ne pouvoir regarder sa main. Sur la face dorsale de celle-ci et toujours au même endroit j'apf)'iquais l'esthésio mètre, en écartant d'abord les 2 pointes de 40 mm. environ. Sauf chez quelques sujets extraordinairement obtus, cet écartement est suffisant pour donner une sensation très nette de double contact. Alors comme dans les expériences sur la sensibilité auditive et visuelle, je diminuais graduellement la distance entre les 2 pointes, jusqu'à ce qu'î le sujet déclarât ne plus percevoir qu'un seul contact; l'écartement entre
les pointes, qui subsiste à ce moment, est noté^ c'est le premier résultat d'une série descendante. Dans les séries ascendantes on débute par une stimulation produite en maintenant les 2 pointes très rapprochées, puis, les écartant de plus en plus, on arrive à produire une Sensation de contact double; à ce moment on note Técartement des pointes, c'est le premier terme de la série ascendante.
Chaque sujet a fait pour chaque main la séries ascendantes et 10 séries descendantes, en tout 40 séries. Lorsqu'on fait un nombre aussi considérable de mensurations, on s'aperçoit que chez tous les sujets l'exercice a une influence considérable. Un sujet qui dans les premières expériences ne perçoit un contact double que pour un écartement de 3 cm., finit par percevoir deux contacts quand les pointes ne sont plus distantes que de 2 cm. et moins. Voilà pourquoi il est indispensable de stimuler les deux mains dans un ordre très régulier, commençant les séries un nombre égal de fois par chacune d'elles et faisant dans chaque série un nombre identique de stimulations. .
L'expérience préliminaire pour faire la distinction entre les droitiers et les gauchers est ici encore inutile, puisqu'on ne prend pas pour Tune des mains une stimulation constante.
Les 100 sujets qui, dans mes premières expériences, ont fait la suite des séries, se réparti'ssent en 78 droitiers et 22 gauchers.
Les droitiers ont du côté droit une sensibilité tactile supérieure de 1/9 environ; si on représente par 10 Tacuité tactile de la peau à droite, la sensibilité au toucher doit s exprimer du côté gauche par 9,06.
Les gauchers ont la sensibilité plus affinée à gauche, ici je puis donner les moyennes : chez ces 22 sujets, pour percevoir un contact double^ il faut que les pointes spient écartées en moyenne de 21 mm* du côté droit; tandis qu'un écartement de 19 mm. suffit pour obtenir ce résultat si on opère sur la peau de la main gauche; donc si on exprime par 10 la . sensibilité au toucher de la peau du côté gauche, la même sensibilité du côté droit s'exprime par 9,05 environ (i).