‹ Études de science musicaleChapitre 102 sur 220 · Hymne du Carême · texte numérisé non relu

Hymne du Carême

F« - sas quadra - ge -

■ Hymne de la Pentecôte

■ ra ■ cli - lus II- la-psus est A - pos - lo • lia.

- Hymne de la Dédicace

192 IIe ÉTUDE : MUSIQUE GRÉGORIENNE. — Ier TRAITÉ : HARMONIQUE

Les mélodies des deux modes (III6 et IVe) ont donc entre elles une ;. très grande ressemblance, puisque souvent rien ne les distingue et que

leur différence disparaît par le seul fait de l'emploi du SI |> dans la gamme ' de RE. On s'explique dès lors que saint Grégoire ait fondu ensemble les

deux gammes .pour en former son premier mode, authentique et plagal: ;. puisque, d'après les idées reçues chez les Grecs, le tétracorde synemmenon

; ne distingue pas un mode d'un autre mode, il appartient à tous les modes,

£ et le compositeur en fait librement usage, selon qu'il le trouve à propos.

f Mais la théorie musicale, pour être exacte, doit noter toutes les parti-

jf.' cularités de chaque mode, quelque minimes qu'elles soient dans la pra-

tique ; elle ne supprime aucune des différences établies par la nature, son

• rôle est d'unir ce qui doit être uni, de distinguer ce qui doit être distingué et d'assigner ainsi à chaque chose sa véritable place en musique. Or, malgré tous les rapports qu'ils ont l'un avec l'autre, le mode de RE et le mode de LA se distinguent en un point essentiel de leur gamme; cela suffit à mettre entre eux une différence, qui ne permet pas de les confondre, même dans la pratique.

Comment donc les reconnaître? — 1° Un certain nombre de chants du premier ou du second ton sont notés déjà dans la gamme de LA; il n'y a pas de difficulté pour ceux-là, ils sont bien du quatrième mode. 2° Beaucoup d'autres, du premier ton surtout, ont été écrits dans la gamme de RE, mais avec un SI? qui n'est pas seulement accidentel et passager, qui fait partie, au contraire, de l'échelle mélodique. Un musicien tant soit peu exercé les reconnaîtra facilement et les restituera à leur véritable mode, celui de LA. 3° Il s'en trouve plusieurs, enfin, principalement du deuxième ton, qui n'offrent aucun caractère distinctif, le SI étant totalement absent de la mélodie. On doit les ranger parmi les chants du quatrième mode transposé, d'autant plus que dans le plain-chant le SI? fait en quelque sorte partie intégrante de l'échelle du deuxième ton et qu'elles sont très rares les mélodies où Ton rencontre le SI*. J'en ai cité précédemment trois exemples ; ce sont presque les seuls que renferme le Graduel.

Le partage étant fait, d'après ces règles, entre les chants du premier mode grégorien, on trouvera, comme je l'ai observé déjà, que le mode de LA est plus usité que celui de RE, ce qui n'a rien d'étonnant, le premier

* possédant une douceur et des qualités harmoniques, qui ne se rencontrent

CH. IV. — QUATRIÈME MODE, LA

pas au même degré dans le second. lien est ainsi, du reste, u tout: le mode de LA semble avoir les prédilections populaires faut qu'on l'ait considéré toujours comme l'expression natu plainte et de l'élégie, témoin entre autres le Graduel Haec dies. les joies de la Résurrection et que l'on trouvera plus loin.

Dans la musique grecque notre mode de LA est représ< mode hypodorien, sans le tétracorde synemmenon, qui en cinquième mode, de Ml. Les théoriciens du moyen âge ont a[ dorien leur deuxième ton, qui emprunte aussi l'échelle de nous avons vu que cette échelle peut recevoir deux divisio niques différentes, l'une authentique, c'est notre quatrième nu plagale, qui appartient au troisième mode. Or l'échelle de dorienne est authentique, d'après la théorie et la pratique elle correspond, par conséquent, non pas au troisième mode p au quatrième mode authentique.

Quelques exemples des mélodies du quatrième mode, ai et plagales, achèveront d'en faire bien connaître la nature et 1 spécial.

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