Chant arabe terminant la cérémonie du mariage
§ 5. — Cinquième mode, Ml
Le cinquième mode est formé de la troisième espèce de tétr; celle qui commence par un intervalle de demi-ton et qui s'achè deux intervalles successifs de ton, comme : MI-fa-sol-LA ou Sl-do- C'est un mode simple, il a deux létracordes semblables, séparés ton disjonctif. Sa gamme naturelle est celle de MI ; ses notes pales et harmoniques sont donc : MI-LA-SI-MI.
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fÔ8 IIe ÉTUDE : MUSIQUE GRÉGORIENNE. — 1er TRAIÎÉ : HARMONIQUE
Échelles du cinquième mode.
Authentique
Finale
Dominante
n^yrrmi
Plagale
Dominante Finale
Dominante
g. ^" -irn
Cadence modale
jû.
. Comme on le voit, la finale du anode est MI et la dominante SI. La forme naturelle de la mélodie se trouve dans- les deux tétracordes :
MI- fa -sol -LA et SI-do-re-MI, et les repos ont leur place indiquée
sur les notes principales du mode. Mais il faut noter ici deux parti-
cularités quelque peu anormales dans la manière dont on a compris et pratiqué ce mode au moyen âge.
Là première observation porte sur la dominante du mode, qui est régulièrement la quinte au-dessus de la tonique, par conséquent SI^ dans le mode de MI, et à laquelle on a préféré la sixte DO. Pourquoi ? Toujours â cause de ce malheureux triton, que l'on rencontrait inévitablement lorsqu'on montait de MI à SI, en passant par FAX. Pour l'éviter, on a eu recours à deux expédients : i° La
1 M. Gevaert {les Origines du chant liturgique, etc., note H) fait justement remarquer qu'au temps d'Hubald de Saint-Amand (fin du ixe siècle) la dominante ou teneur psalmodique du troisième ton était encore Sljj et non pas DO. Les formules données parla Cornmemoratio brevit de tonis et psalmis modulandis pour chacun des huit tons contiennent, en effet, les modulations suivantes comme propres du troisième ton (deuterus authenticus) :
Glo - ri - a Pa - tri .... ? et mine
IV. — CINQUIÈME MODE, MI
degrés disjoints ; on omettait le FA eut de MI à SOL pour monter à LA lélodique descendante n'offrait pas les jue le FA avait alors sa résolution r ployait-on sans difficulté. Nous en verr ; 2e La dominante réelle était également é préférence de LA à DO, qui remplaçait . Il en est ainsi dans la psalmodie du li > de morceaux, hymnes, répons et an de vue la véritable dominante du mode ■ ;ré de la gamme, la sixte, qui n'est qu me façon remplir le rôle de dominante.
• le recueil des chants grégoriens pour ?, S/Il, y garde son importance, au t suie, avec la tonique, le troisième ton d
ion concerne la finale du cinquième mo néanmoins, dans un certain nombre de
le x" siècle, avant Guy d'Areno, un changement tri modale du troisième ton : la dominante mfl a été i peut cependant remplir ce rôle. Aussi, dans le plainn caractère propre et se confond-il presque avec le
wque, une tendance générale de remplacer le dite irvalle de quarte consonante, en substituant SOL - l« <u DO- RE - MI, non seulement dans le mode de MI, i ui de RÉ ou de LA. On connaît les exemples qu'en 1 Pater dans beaucoup de missels ; le Te Deum a auss :ation semblable. Un autre exemple se trouve dans 1. les manuscrits antérieurs à la lin du xn* siècle no G-B-F-G-G, mais qui, à partir du xih* siècle, p
[ en est de même dans beaucoup d'autres cas, corn rits des diverses époques.
400 IIe ÉTUDE : MUSIQUE GRÉGORIENNE. — Ie' TRAITÉ : -HARMONIQUE
est plutôt SI, à cause du tétracorde synemmenon, dont la mélodie fait un usage * ordinaire. Cela est vrai surtout des chants du quatrième ton [cinquième mode plagal), dans lesquels le SI\? est si fréquent qu'il semble appartenir à l'échelle de ce ton. Il n'en est rien cependant, et la preuve en est que le {? n'affecte jamais que le SI du pentacorde supérieur ; le SI grave, premier degré de l'échelle plagale, est toujours naturel.
D'où vient cet emploi irrégulier du tétracorde synemmenon ? De trois causes, que nous avons touchées déjà: 1° De la fausse persuasion où l'on était, en ce temps-là, que la mélodie pouvait, dans chaque mode, parcourir le synemmenon ou le diezeugmenon (le sfy ou le sity sans changer rien à la nature du mode, pourvu qu'on en conservât d'ailleurs les tétracordes constitutifs, ceux qui le caractérisent, particulièrement le tétracorde qui se termine à la finale ; 2° De la dureté inhérente au triton, que l'on évitait autant que possible, grâce au synemmenon. Or le triton est surtout à craindre dans les mélodies plagales du cinquième mode ; l'usage constant du SI$ les rendrait parfois dures et peu harmonieuses, tandis que le SIp au-dessus du LA sonne agréablement à l'oreille et exige moins d'efforts dans la voix qui chante. Qu'on essaie, par exemple, de passer du premier tétracorde, Ml -sol -LA, à quelqu'une des notes supérieures, on aura de la peine à faire entendre le S/fc|, pendant qu'on chantera aisément le DO ou le SI\?. Ainsi :
i is i j tj^-tf^m
sont des formules qu'on rencontre assez souvent dans les mélodies grégoriennes du troisième et du quatrième tons, et qui s'expliquent par la raison que je viens de dire ; 3° Il s'ensuit que, dans un certain nombre de chants, l'ordre des tétracordes du cinquième mode s'est trouvé interverti; le tétracorde de SI-do-re-MI a pris la place du
tétracorde régulier MI ~ fa -sol- LA, parce qu'après MI dans le premier
CH. IV. — CINQUIÈME MODE, MI 20i
lordes vient FA, c'est-à-dire un intervalle de demi-ton, intervalle LA- SI du second tétracorde. Les mélodies ■sées sur l'échelle de SI, qui de dominante du mode ; la dominante fait défaut. Les anciens ne voyaient mvénient, parce qu'il leur suffisait, pour caractériser on premier tétracorde fût conservé sans altération : et Ml-re-do-SI sont deux tétracordes identiques qui eux, terminer également bien le cinquième mode.
dans la musique ecclésiastique de saint Grégoire, 3 des Grecs, des mélodies du cinquième mode en ton ; en ton de SI. Les premières correspondent au mode is Grecs, les secondes au mode mixolydien; j'en donne-
des exemples.
les autres sont ordinairement notées dans les livres lême échelle de MI ; il y a néanmoins cette différence e vrai cinquième mode, gamme de MF, ne prend pas lOÏds, ne le reçoit qu'accidentellement et en passant, ême SI\? fait partie de la gamme de SI transposée. ! même fait se produire pour le troisième et le quanfondus en une seule gamme, celle de RE, au moyen
me permettrai de signaler en passant une irrégularité nos livres de chant grégorien. Puisque la vraie de MI avec SI\? est l'échelle de S/1], il est de ue le psaume, qui suit une antienne composée sur »ent en prendre une autre et se trouver immédiatement arte plus haut ou une quinte plus bas. Le SI\>, ou ioit exister pour le psaume comme pour l'antienne, sible qu'on le chante, au contraire, par &/ij ou FA\. la faute qu'on fait commettre à nos chantres en tenons, par exemple :
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202 IIe ÉTUDE : MUSIQUE GRÉGORIENNE. — Ier TRAITÉ : HARMONIQUE
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1 , — Introït Nos autem gloriari
(In Gœna Dom.)
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tur
nos - tri.
CH. IV. — CINQUIÈME MODE, MI 203
ière qu'on lise ce morceau, dans le ton naturel, transposé dans le ton de FA avec Sl\>, on sent que
le SI\? de l'autre font partie de l'échelle depuis le i'à la fin. Il serait absurde dès lors de changer de te et de remplacer le FA |j par un FA ', ou le SI}? par dc ont raison, qui admettent deux manières de
du quatrième ton en plain-chanl : une manière ►mposées sur l'échelle naturelle de MI, la véritable
mode, et une autre manière pour les antiennes où e de l'échelle de SI, ce qu'un musicien un peu uns peine, malgré la transposition de la gamme.