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Tome I

274 IIe ÉTUDE : MUSIQUE GRÉGORIENNE. — l" TRAITÉ : HARMONIQUE

au contraire, empruntent toujours les cordes graves : le deuxième ton de

LA à LA, le quatrième ton de SI à SI, le sixième ton de DO à DO, et le

huitième ton occupe la même position que le premier, de RE à RE, mais

avec forme plagale. Ce système est absolu : la position des gammes ne peut point varier, puisque le plain-chant ne connaît que le ton de DO.

Encore une fois, tout cela est vrai, si Ton s'en tient à la théorie musicale du moyen âge. Mais en conclurons-nous que toutes les mélodies d'un même mode doivent toujours être chantées sur les mêmes cordes ? Qu'on ne puisse établir entre elles aucune différence de ton, les unes s'adaptant mieux aux tons aigus, d'autres aux tons graves, et d'autres, enfin, aux tons moyens ? Un chant du septième ton (deuxième mode authentique), par exemple, devra-t-il nécessairement, parce qu'il est de ce mode, être exécuté dans le ton de DO, de la corde SOL à SOL ? Ne

peut-il pas appartenir et, de fait, n'appartient-il pas souvent à un autre ton plus grave, au ton de SOL ou de LA, en sorte que sa gamme s'étende

réellement de RE à RE ou de MI à MI? De même, une mélodie du

deuxième ton (troisième mode plagal) ne sera-t-elle pas souvent mieux placée sur des cordes plus élevées, en lui assignant comme gamme celle de DO, de RE ou de MI, etc. ?

Poser ces questions, c'est presque les résoudre. Tout musicien accordera que, pour appartenir à un même mode, les mélodies ne sont pas nécessairement du même ton, mais que la variété est ici nécessaire et que tous les tons peuvent servir à l'artiste dans la composition de ses œuvres, leur diversité étant un des éléments qui concourent à l'expression des sentiments très multiples et très variés de l'âme humaine.

11 faut donc, ce semble, admettre en principe que les mélodies grégoriennes, malgré les apparences contraires d'une séméiographie trop imparfaite, sont autant diverses de tons qu'elles le sont de modes ; qu'en réalité elles ont été conçues, comme aussi elles doivent être exécutées et devraient être écrites dans les gammes graves, aiguës ou moyennes, qui répondent le mieux à leur caractère et aux sentiments qu'elles expriment. Ceux qui nous les ont transmises n'ayant aucune idée de ces différences, ils ne nous ont non plus laissé aucun document qui nous les puisse signaler.

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